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Charles-Auguste Bontemps, “Synthèse d’un anarchisme évolutif” (1952)

Synthèse d’un anarchisme évolutif

Pour être une permanence, pour durer et satisfaire le cœur et la pensée de qui lui consacre son effort et en fait la loi de sa vie, un anarchisme doit être fondé de telle sorte qu’il demeure valable en tout temps, quels que soient les évènements et independement des réalisations d’avenir qu’il envisage mais dont on ne peut savoir si elles seront ou comment elles seront.

A mon sens, il doit répondre à cinq conditions nécessaires à l’activité d’une vie: 1) un philosophie de base; 2) une éthique en découlant; 3) un objet conforme à l’ethique; 4) une forme d’action correspondant à l’objet; 5) une organisation qui permette et soutienne l’action collective sans enchaîner l’individu.

Compte tenu de l’experience acquise en quarante ans d’observations à travers les guerres et les révolutions, c’est sur ce données réalistes — mais nullement désabusées — que j’essaie de synthétiser les leçons de cette expérience en quelques brèves formules. Peut-être seront-elles utiles aux jeunes. Ce sont des têtes de chapitres. On y peut ajouter, retrancher, corriger et, surtout, on peut les développer. Leur thème est éternel.

Philosophie

I. — L’universe est donné. On le supporte tel qu’il est. On peut indifféremment le considérer comme immanent, c’est-à-dire existant en essence de toute éternité, ou bien comme créé par quelque être inconcevable.

Mais l’idee d’un créateur n’est pas rationnelle en ce que le créateur ne pourrait être lui-même qu’une immanence (quoi qu’en dise la religion catholique), ce qui ne ferait que pose le problème inutilement à deux degrés.

Dieu peut donc être ou ne pas être. Sa probation étant impossible et son existence n’expliquant rien de plus que l’immanence de l’univers, considérons l’idee de création comme nullement nécessaire à une pensée réfléchie.

II. — Une Morale de l’homme n’est valable comme telle que si elle concerne (ou peut concerner) tous les hommes. La référence à de pseudo-volontés divines s’oppose à cette vue en ce que les dieux sont divers et contradictoires. Une telle référence n’a pas de sens, attendu qu’elle suppose l’homme à la semblance de Dieu. Or l’homme ne saurait être à l’image de Dieu en raison de l’identité de son être physique et de maints aspects de son être psychique avec ceux de l’animal. Fût-ce sur le seul plan mental, il y aurait ainsi ressemblance entre Dieu et l’animal, ce qui est absurde.
Sur le plan spirituel, l’absurdité n’est pas moindre de prétendre assimiler l’esprit d’un être transitoire à l’esprit d’un Dieu qui ne se conçoit que comme un absolu.

En revanche, l’histoire des religions nous enseigne que les hommes ont toujours imaginé des divinités reproduisant leur propre mentalité et à son niveau. Ce qui résout la question : Dieu est une création de l’homme.

III. — L’Absolu-Dieu étant incompréhensible (sinon par les figures anthropomorphiques qui le ramènent à l’échelle humaine et ainsi le détruisent), ses volontés ne seraient saisissables autrement que par la découverte des tels de la nature dont il serait l’auteur. Il ne nous est donc d’aucune utilité directe puisque toute recherche ne peut ainsi partir que de la nature, en fonction de l’homme et pour l’homme.

Cela apparaît clairement lorsqu’on réfléchit qu’il n’y a de problèmes que parce qu’il y des hommes pour les poser.

IV. — Dans l’ordre physique, ce Que l’on sait du monde a été acquis par Ia méthode de la science objective. Elle est la seule voie efficiente de la connaissance. Les vues de l’esprit métaphysique ne sont que les chemins des hypothèses. Celles-ci sont infirmées ou confirmées par les données analytiques de la science. La raison et le jugement opèrent les synthèses et contraignent la dogmatique religieuse i se réfugier dans les symboles.

Il est probablement une limite à cette voie de la connaissance. Si telle est la condition de l’homme, les fables n’y changeront rien. Mais il ne doit pas être interdit de rêver à qui l’imagination confère une faculté d’illusion.

II doit y avoir aussi une limite à l’orgueil d’être un mammifère exceptionnel. L’homme n’est qu’un effet, sans doute accidentel, des évolutions naturelles et non une condition des lois qui régissent l’existant.

Ethique

I. — S’il n’est de morale que de l’homme et pour l’homme, sa source est dans notre nature complexe : instinct et intelligence, égoïsme et altruisme, sympathie et hostilité, individualisme et sociabilité.

Une éthique rationnelle est un essai de conciliation de ces contraires par une soumission et une résistance à la fois aux impératifs de nature. La biologie en fournit les éléments, l’observation psychologique les complète.

Cette éthique varie donc avec l’enrichissement de la connaissance et l’évolution du milieu. Elle est un concept de la vie, non de la mort De cette virtualité variation découlent deux morales : une morale sociale courante, en évolution lente et d’utilité pratique, et une morale construite, ouverte sur l’avenir, particulière à la vie personnelle d’un esprit libertaire, en marge du milieu dont elle préfigure et suscite les changements.

II. — L’état actuel de la biologie Indique une invariabilité des facultés humaines. L’homme ne change pas. Mais il peut changer le milieu, le rendre favorable à la manifestation de tendances bénéfiques à soi et à autrui et hostile aux tendances nuisibles.
Le résultat est le même que si l’homme en soi avait progressé.

Cette constante disponibilité de l’esprit, cette volonté d’être « soi » au mieux, de pro-meuvoir une condition sociale où tous les « soi » trouvent le climat de leur choix, telle est la constante de l’esprit libertaire.

Objet

I — L’objet de l’anarchisme est contenu dans son éthique : réaliser une vie aussi harmonieuse, intense et cohérente que le permettent ta difficultés naturelles. La réaliser pour soi, mais de telle sorte qu’elle soit virtuellement accessible a tous. Considérer que la vie n’a d’autre fin qu’elle-même. Que si un au-delà tout imaginaire avait, de fortune, une réalité, il ne saurait être de meilleur comportement pour y atteindre que d’accomplir hautement son cycle de vie par une culture assidue du caractère et de l’intelligence.

Ne pas chercher le bonheur qui dépend d’accidents, mais construire des conditions de benheur éventuel et se donner des joies qui sont choses de la pensée et de la sensibilité que nous tenons en propre.

II. — La somme des peines se répartit, bien qu’inégalement, entre tous les hommes. En diminuer le nombre et les causes, c’est diminuer la part qui nous en revient. Lutter contre le mal est l’objet de l’anarchisme.

III. — Il est d’utilité première à un esprit libertaire d’apprendre à penser les faits et d’en accepter les rigueurs pour les surmonter plutôt que de les masquer d’idéalisme. L’idéalisme est une forme de l’esprit religieux élémentaire, une forme inconsistante de la pensée timorée. L’idée, au contraire, est une projection que corrige la connaissance des faits.

IV. — Promettre la réalisation prochaine; par quelque révolution définitive, d’un paradis anarchiste, c’est mentir sciemment, c’est recruter de faux adeptes, étrangers à l’esprit anarchiste, les décevoir et les perdre très vite, L’Eglise, plus habile, a du moins le soin de situer son paradis à l’abri des constats.

L’anarchisme est une avant-garde, une volonté de vérité inconciliable avec quelque démagogie, quelque grégarisme que ce soit. Il oeuvre passionnément pour le paria considéré en tant que victime ; il est sans mépris, mais on volt clairement qu’il se nierait s’il recrutait, sans transition ni choix, une masse de parias sous l’emblème précis de l’anarchisme.

C’est dans des organisations latérales (syndicats, coopératives, groupements d’études et d’action sociale, etc.) que le libertaire doit concourir à ces rassemblements, voire les susciter et les animer pour y puiser ensuite des adhésions réfléchies.

Comprenons bien. Ce n’est ni leur origine sociale ni même leur culture (qu’ils acquerront d’eux-mêmes) qui distinguent les anarchistes. mais leur caractère.

V. — Comme tout homme, le penseur anarchiste se trompe. Le sachant, la libre controverse est sa loi, la constante remise en question des problèmes, sa méthode.
il est deux vices qui ruineraient l’anarchisme et que condamnent son éthique et eon esthétique : l’intransigeance dogmatique et son contraire, la pensée qui concède à la démagogie.

L’action

I. — L’anarchisme est essentiellement un concept de vie, une méthode de penser la vie, un moyen de la vivre, il recherche un climat social où il lui soit permis d’exister, même sî l’ensemble des hommes ne devait jamais parvenir à le réaliser en organisation collective. Cela explique et suffit à justifier l’action dans et sur le social.

Toutefois, l’action suppose une conviction et une constance. La doctrine qui la fonde doit donc épouser tous les aspects d’une réalité changeante et cependant se tenir sur une ligne permanente, situer ses mobiles dans l’immédiat sans perdre de vue l’avenir ; mais ce n’est que secondairement qu’elle tendra vers un possible futur et incertain afin que le militant soit sans déception.

A cet égard, les vues de l’esprit du XIXe siècle sont ruinées par la connaissance plus exacte que nous avons des hommes, des vices de leurs révolutions dont nous avons fait la décourageante expérience. De Proudhon à Kropotkine, ce qui subsiste de nos maîtres à penser l’anarchisme, ce sont leurs méthodes de recherche et leur liberté d’esprit, leurs profondes analyses de l’homme dans la société, non leurs constructions idéales. C’est leur être fidèle que de rectifier leurs conceptions dépassées.

II. — La condition première de la constance dans l’anarchisme, c’est d’être libertaire pour soi, sans ambition vulgaire, pour la satisfaction de se sentir llBre en pensée, de s’enrichir sans cesse de savoir et d’expérience. Cest de vivre avec sa morale à soi et pour soi, avec la fierté d’une autenômie délivrée des palinodies et des grimaces. C’est de vivre pour vivre, volontairement, lucidement, selon une philosophie cohérente qui vous permet d’être « l’un » sans avoir à se refuser aux autres.

La seconde condition — où l’action commence — c’est de disposer de foyers de rencontre, de publications per quoi s’échangent les idées et se satisfait la naturelle sociabilité.

III. — Sur ces bases solides (qui jettent plus d’un pont entre l’anarchisme communiste et l’anarchisme individualiste), l’action sociale s’axe d’elle-même comme par nécessité. Elle est commandée (quelles que soient les tendances et les nuances de doctrine) par la générosité qui est richesse puisqu’elle est faculté de donner. Elle incite celui qui sait à éveiller les pensées, à enseigner celui qui ignore ou qui sait moins. De là part une action éducative qui n’est jamais décevante parce qu’elle n’est jamais achevée.

L’action est ensuite commandée par l’obligation d’agir sur les masses et, par elles, sur les pouvoirs, afin d’empêcher les réactions du conservatisme social par quoi sont rétrécles nos facultés d’être et de nous manifester, afin aussi de provoquer les éclatements, à tout le moins de forcer les évolutions qui nous donnent du champ.
Il n’est pas de limite à cette activité qui, pour être utile à nous-mêmes, se trouve être utile à tous. Elle nous conduit à Intervenir au sein des organisations même conformières, avec le-. souci d’y susciter des comportements, d’y faire pénétrer des vues qui servent la libération de l’homme.

A l’intérieur des mouvements syndicalistes et révolutionnaires, qu’ils soient d’origine ti-bertaire ou simplement professionnels, c’est le même objectif qui oriente notre action. Il nous tiit rechercher les méthodes fédéralistes et décentralisatrices compatibles avec les conditions d’un problème donné, piéconiser la substitution progressive, en ce qui touche la production, l’administration ou la solidarité, des systèmes de gestion directe aux gestions fonctionnarisées, donner la priorité aux contrats librement élaborés sur les réglementations administratives. Il est mainte occasion de préférer, dans le présent, l’homme responsable, au contact de ses ressortissants, à ta fallacieuse garantie d’un service public désincarné, à l’automatisme d’une régio déshumanisée. C’est aussi le rôle des économistes libertaires de faire prévaloir, sur le plan des coordinations de la production et de la répartition, l’emploi de la science statistique pour pallier les méfaits des centralisations autoritaires.

Les tâches sont nombreuses et immédiates au libertaire qui consent à agir dans le relativisme du réel mouvant, à ne pas refuser le minimum provisoire dans l’attente d’un maximum théorique aléatoire, à ne pas se satisfaire d’un absolu doctrinal qui. en dernière analyse, s’est toujours révélé stérile.

Il est deux écueils où se peut perdre un libertaire : glisser de l’intelligente opportunité à un médiocre opportunisme, ou bien, pour s’en garder, se laisser enfermer dans un conformisme théorique qui détruit l’anarchisme en ce qu’il conduit au sectarisme, et qui détruit ie libertaire en ce qu’il le limite.

Je ne connais que deux garde-fous aux déviations et aux désabusements. C’est d’abord l’attachement gratuit à l’éthique libertaire, adoptée en conviction comme indispensable à la satisfaction de soi. C’est ensuite un tout petit point de vue, très terre à terre d’apparence et qui pourtant porte loin, à savoir qu’un homme vit aujourd’hui et non demain.

IV. — Une action conçue de la sorte n’échappe pas à de durs échecs, cela va de soi. Ses réussites probables ne seront que partielles et toujours à reprendre. N’est-ce pas la condition même de la vie ? Et nous savons, depuis le Taciturne qui n’était point libertaire, qu’il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer quand la voie où l’on est engagé est celle du seul choix où le soi se contente. Le croyant en un Dieu n’eut jamais besoin que son Eglise fût triomphante pour vivre de sa foi.

Au reste, il est des réussites que nous ne verrons guère et qui seront profondes à notre insu ; elles porteront leurs fruits dans le temps parce qu’un snarchisme ainsi fondé est une permanence II dure comme morale en chacun et cette durée assure sa portée. Critique à l’état pur et à l’intérieur des milieux opposants où il s’insinue, constructif par sa philosophie et son action sociale au moyen des groupements latéraux qu’il anime, il est redoutable aux pouvoirs, destructeur des préjugés, des grégarismes obtus, des conformismes asservis-sants. Il est une force.

Cette force n’est point toujours spectaculaire en ses effets continus, lesquels sont d’autre nature que les éclats politiques. C’est qu’elle est la force de la qualité des caractères et non la brutalité des masses enrégimentées. Mais il ne lui est pas interdit, bien au contraire, d’agir au sein des organisations de masses et de les perturber pour qu’y soit rendue difficile la politique autoritariste des meneurs et promues des solutions marquées de notre esprit.

L’anarchisme est et doit demeurer avant tout une haute éthique dont ne saurait se parer qui brigue à la fois les lauriers du démagogue. Tout militant devra, à quelque moment de sa vie, choisir d’être soi-quelqu’un ou lui-quelque-chose. Le mauvais choix n’importe qu’à celui qui le fait et purge le mouvement. « Mon » anarchisme ne dépend pas du choix d’autrui.

Organisation

Je pourrais arrêter ici l’exposé d’une conception qui n’a que l’intérêt d’un témoignage, en ce qu’elle m’a permis — individuellement — de durer malgré tant de-motifs de doute et d’abandon.
Cependant, j’ai trop l’habitude des débats pour ne pas savoir qu’une question subsidiaire ne manquerait pas, éventuellement, de m’être posée : « Cette conception, qui est individuelle, peut aussi bien convenir à d’autres camarades. En ce cas, comment en faire un mouvement coordonné ? » D’avance, je réponds donc à cette Question par une esquisse d organisation.

I. — Toute organisation anarchiste doit être telle que l’individu y conserve ses facultés d’initiative et d’activité personnelle ; qu’il n’y soit contraint à aucune action qui ne rencontre pas son libre assentiment, fût-il le seul opposant.

Il semble que, sur la base d’une philosophie commune, la règle dë cette association soit la libre discussion des problèmes actuels et que les conclusions de ces débats, transformées en programme d’action concernant le point discuté, n’engagent que ceux qui les ont acceptées. Mais le sens de l’efficacité, de la réciprocité, de la camaraderie et de la loyauté conduit les opposants, — sauf cas de conscience et quand il ne s’agit pas que de tactique o-i d’opportunité — à ne pas contrarier l’expérience de la majorité.

II. — L’organisation me parait devoir être constituée rationnellement par des groupes de base spécifiquement libertaires, assemblés par localité ou par quartier, sans que soit empêchée l’existence en un même lieu de plusieurs groupes d’affinités sous réserve que ce soient des objectifs particuliers qui les motivent et non, bien entendu, des divergences profondes de doctrine. Ces groupes devraient au reste se réunir à l’occasion de toute manifestation extérieure.

III. — Ces organisations spécifiques se proposeraient les tâches ci-après :

a) réunir les libertaires de même tendance er vue d’études intérieures des problèmes de l’homme et de la société ;

b) organiser pour un plaisir partagé des manifestations culturelles et des manifestations simplement distractives, dans un esprit libertaire exempt des vulgarités commerciales ;

c) cultiver et mettre en œuvre en toute circonstance un esprit rigoureux de réciprocité et de solidarité ;

d) s’employer, par réunions du groupe ou de groupes latéraux et par une propagande de bouche à oreille, au recrutement de camarades susceptibles de devenir libertaires ;

e) éduquer et former ces recrues ;

f) prendre l’initiative de la création d’organismes latéraux non spécifiquement libertaires (entre autres des groupements populaires d’éducation et d’action sociale) at choisir oour laur réalisation les camarades les plus aptes en raison de leurs qualités d’animateurs, d’éducateurs ou de propagandistes, agissant sous le contrôle constant du groupe ;

g) dans le même esprit et avec le même objet, engager ou aider les militants à pénétrer dans les milieux les plus divers pour y accomplir un travail d’Information et de décrassage sur le plan général des droits de la personne et de la défense des libertés par quoi s’élargit l’audience de notre philosophie.

Il va sans dire qu’en dehors du groupe, l’ac-tfvité d’un militant est libre, sous la réserve que cette activité soit sans ambiguïté et ne prétende pas se soustraire à la critique contradictoire mais cordiale des camarades.

IV. — Les groupes locaux assureraient entre eux une liaison par des fédérations régionales et par une fédération générale se proposant trois objets :

1 ) débattre en congrès des problèmes de l’action ;

2) coordonner cette action sur les plans régional, national et international, exactement dans le même esprit et les mêmes conditions que sur le plan local ;

3) designer les commissions responsables des publications et de la réalisation des décisions des congrès.
Chaque groupe mandaterait à ces congrès un ou plusieurs représentants de la majorité et de la minorité pour le représenter, mais tout militant pourrait intervenir aux débats à titre consultatif, le temps de parole étant réparti à égalité entre tous les opinants.

Les congrès régionaux ne s’occuperaient que des affaires régionales. Ce sont les groupes de bôse eux-mêmes qui seraient directement représentés au congrès général comme au congrès régional.
II semble qu’une telle organisation concilie le principe de la libre détermination de l’individu avec la coordination de forme fédérative.

L’action, ainsi axée selon le mode de l’association naturelle, me paraît n’avoir besoin d’autre règle que celle de la conscience soumise aux impératifs personnels qui caractérisent utilement, au regard de l’opinion publique, un libertaire authentique : camaraderie, objectivité, réciprocité et loyauté.

Charles-Auguste BONTEMPS.

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Ricardo Mella, “The Bankruptcy of Beliefs” and “The Rising Anarchism” (1902-03)

[These articles present a very challenging vision of the development of a revolutionary anarchism. They continue Mella’s arguments for an anarchism “without adjectives,” but also connect that notion to the idea of an “anarchist synthesis,” long before Voline presented his account of anarchist development and the need for synthesis that emerges from the very nature of anarchism itself. The translation is perhaps a little rough around the edges, but I think the ideas are clear enough.]

THE BANKRUPTCY OF BELIEFS

To my brother J. Prat:

Faith has had its moment; it has also had its noisy bankruptcy. There is nothing left standing at this hour but the lonely ruins of its altars.

Ask the learned people—or those who still wear the intellectual loincloth—and if they wish to answer you conscientiously, they will tell you that faith has died forever: political faith and religious faith, and the scientific faith that has defrauded so many hopes.

When all the past was dead, gazes turned longingly toward the rising sun. Then the sciences had their triumphal hymns. And it came to pass that the multitude was given new idols, and now the eminent representatives of the new beliefs preach right and left the sublime virtues of the dogmatic scientist. The dangerous logorrhea of flattering adjectives, and the never-ending chatter of the sham sages put us on the path to what is rightly proclaimed the bankruptcy of science.

Actually, it is not science that is bankrupt in our day. There is no science; there are sciences. There are no finished things; there are things in perpetual formation. And what does not exist cannot break. If it were still claimed that that which is in constant elaboration, that which constitutes or will constitute the flow of knowledge goes bankrupt in our time, it would only demonstrate that those who said it sought something in the sciences what they cannot give us. It is not the human task of investigating and knowing that fails; what fails, as faith failed in the past, is the sciences.

The ease of creating without examination or mature deliberation, coupled with the general poverty of culture, has resulted in theological faith being succeeded by philosophical faith and later scientific faith. Thus, religious and political fanatics are followed by the believers in a multitude of “isms,” which, if fertilized by the greatest wealth of our understanding, only confirm the atavistic tendencies of the human spirit.

But what is the meaning of the clamoring that arises at every step in the bosom of parties, schools and doctrines? What is this unceasing battle between the catechumens of the same church? It means, simply, that beliefs fail.

The enthusiasm of the neophyte, the healthy and crazy enthusiasm, forges new doctrines and the doctrines forge new beliefs. It desires something better, pursues the ideal, seeks noble and lofty employment of its activities, and barely makes a slight examination, if it finds the note that resonates harmoniously in our understanding and in our heart. It believes. Belief then pulls us along completely, directs and governs our entire existence, and absorbs all our faculties. In no other way could chapels, like churches, small or large, rise powerfully everywhere. Belief has its altars, its worship and its faithful, as faith had.

But there is a fateful, inevitable, hour of dreadful questioning. And this luminous hour is one in which mature reflection asks itself the reason for its beliefs and its ideological loves.

Then the ideal word, which was something like the nebula of a God on whose altar we burned the incense of our enthusiasm, totters. Many things crumble within us. We vacillate as a building whose foundations are weakening. We are upset about party and opinion commitments, just as if our own beliefs were to become unbearable. We believed in man, and we no longer believe. We roundly affirmed the magical virtue of certain ideas, and we do not dare to affirm it. We enjoyed the ardor of an immediate positive regeneration, and we no longer enjoy it. We are afraid of ourselves. What prodigious effort of will is required not to fall into the most appalling emptiness of ideas and feelings!

There goes the crowd, drawn by the verbosity of those who carry nothing inside and by the blindness of those who are full of great and incontestable truths. There goes the multitude, lending with its unconscious action, the appearance life to a corpse whose burial only awaits the strong will of a genius intelligence, who will strip off the blindfold of the new faith.

But the man who thinks, the man who meditates on his opinions and actions in the silent solitude that leads him to the insufficiency of beliefs, sketches the beginning of the great catastrophe, feels the bankruptcy of everything that keeps humanity on a war footing and is aware of the rebuilding of his spirit.

The noisy polemic of parties, the daily battles of selfishness, bitterness, hatred and envy, of vanity and ambition, of the small and great miseries that grip the social body from top to bottom, mean nothing but that beliefs go bankrupt everywhere.

Soon, and perhaps even now, if we delved into the consciences of believers, of all believers, we would find nothing but doubts and questions. All men of good will soon confess their uncertainties. Only the closed-minded belief will be affirmed by those who hope to gain some profit, just as the priests of religions and the augurs of politics continue to sing the praises of the faith that feeds them even after its death.

So, then, is humanity is going to rush into the abyss of ultimate negation, the negation of itself?

Let us not think like the old believers, who cry before the idol that collapses. Humanity will do nothing but break one more link of the chain that imprisons it. The noise matters little. Anyone who does not feel the courage to calmly witness the collapse, will do well to retire. There is always charity for the invalids.

We believed that ideas had the sovereign virtue of regenerating us, and now we find ourselves with ideas that do not carry within themselves elements of purity, justification and truthfulness, and cannot borrow them from any ideal. Under the passing influence of a virgin enthusiasm, we seem renewed, but at last the environment regains its empire. Humanity is not made up of heroes and geniuses, and so even the purest sink, at last, into the filth of all the petty passions. The time when beliefs are broken is also the time when all the fraudsters are known.

Are we in an iron ring? Beyond all the hecatombs life springs anew. If things do not change according to our particular theses, if they do not occur as we expect them to occur, this does not give in to the negation of the reality of realities. Outside of our pretensions as believers, the modification persists, the continuous change is accomplished and everything evolves: means, men and things. How? In what direction? Ah! That is precisely what is left at the mercy of the unconsciousness of the multitudes; that is what, in the end, is decided by an element alien to the work of the understanding and the sciences: force.

After all the propaganda, all the lessons, all the progress, humanity does not have, it does not wish to have any creed but violence. Right? Is this wrong?

And it is force that we accept the things as they are and that, accepting them, our spirit does not weaken. At a critical moment, when everything collapses in us and around us; when we grasp that we are neither better nor worse than others; when we are convinced that the future is not contained in any formulas that are still dear to us, that the species will never conform to the mold of a given form of association, whether it may be called; when we finally assure ourselves that we have done nothing more than forge new chains, gilded with beloved names,—in that decisive moment we must break up all the rubbish of belief, that we cut all the fastenings and we revive personal independence more confidently than ever.

If a vigorous individuality is stirred within us, we will not morally die at the hands of the intellectual vacuum. For man, there is always a categorical affirmation, the “becoming,” the beyond that is constantly reflected and after which it is, however, necessary to run. Let’s run faster when the bankruptcy of beliefs is done.

What does it matter that the goal will eternally move away from us? Men who fight, even in this belief, are those who are needed; not those who find elements of personal enrichment in everything; not those who make of the interests of the party pennant connections for the satisfaction of their ambitions; not those who, positioned to monopolize for their own advantage, monopolize even feelings and ideas.

Even among men of healthier aspirations, selfishness, vanity, foolish petulance, and low ambition take center stage. Even in the parties of more generous ideas there is the leaven of slavery and exploitation. Even in the circle of the noblest ideals, charlatanism and vanity teem; fanaticism, soon intransigence toward the friend, sooner cowardice toward the enemy; fatuity that that rises up swaggering, shielded by the general ignorance. Everywhere, weeds sprout and grow. Let’s not live delusions.

Shall we allow ourselves to be crushed by the grief of all the atavisms that revive, with sonorous names, in us and around us?

Standing firm, firmer than ever, looking beyond any formula whatsoever, will reveal the true fighter, the revolutionary yesterday, today and tomorrow. Without a hero’s daring, it is necessary to pass undaunted through the flames that consume the bulk of time, to take a risk among the creaking timbers, the roofs that sink, the walls that collapse. And when there is nothing left but ashes, rubble, shapeless debris that will have crushed the weeds, nothing will not be left for those who come after but one simple work: to sweep the floor of the lifeless obstacles.

If the collapse of faith has allowed the growth of belief in the fertile field of the human being, and if belief, in turn, falters and bows withered to the earth, we sing the bankruptcy of belief, because it is a new step on the path of individual freedom.

If there are ideas, however advanced, that have bound us in the stocks of doctrinarism, let us smash them. A supreme ideality for the mind, a welcome satisfaction for the spirit disdainful of human pettiness, a powerful force for creative activity, putting thought into the future and the heart into the common welfare, will always remain standing, even after the bankruptcy of all beliefs.

At the moment, even if the mind is frightened, even if all the pigeonholes rebel, in many minds something stirs that is incomprehensible to the dying world: beyond ANARCHY there is also a sun that is born, as in the succession of time there is no sunset without sunrise.


THE RISING ANARCHISM

Sequels are never good. But dear friends who, judging the first installment good, decided to publish it as a pamphlet, ask me to expand the material a few more pages, and I cannot and do not wish to refuse.

I wrote “The Bankruptcy of Beliefs” in a painful moment, impressed by the collapse of something that lives in illusion, but not in reality, which sometimes plays with ideas and with affections, to torment us with our own impotence and our avowed errors.

The truth does not give way before ideological conventions, and those of us who profess to worship it, must not, even through feelings of solidarity, much less through party spirit, sacrifice even the smallest portion of what we understand to be above all doctrines.

Whoever has followed the gradual development of revolutionary ideas, and of anarchism above all, will have seen that in the course of time certain principles began to crystallize in minds as infallible conditions of absolute truth. They will have seen how small dogmas have been elaborated and how, through the influence of a strange mysticism, narrow creeds were finally asserted, claiming nothing less than the possession of the whole truth, truth for today and tomorrow, truth for always. And they will have seen how, after our metaphysical drifts, we have been left with words and names, but completely bereft of ideas. To the worship of truth was succeeded by the idolization of sonorous nomenclature, the magic of sensationalism, almost a faith in the fortuitous combination of letters.

It is the evolutionary process of all beliefs. Anarchism, which was born as a critique, is transformed into an affirmation that borders on dogma and sect. Believers, fanatics and followers of men arise. And there are also the theorists who make of ANARCHY an individualistic or socialist, collectivist or communist, atheistic or materialistic creed, of this or that philosophical school. Finally, in the heart of Anarchism, particularisms are born regarding life, art, beauty, the superman or irreducible egoistic personal independence. The ideal synthesis is thus parceled out, and little by little there are as many chapels as propagandists, as many doctrines as writers. The result is inevitable: we fall into all the vulgarities of party spirit, into all the passions of personalism, into all the baseness of ambition and vanity.

How do we uncover the sore without touching the people, without turning the subject into a source of scandal, into the material of new accusations and insults?

For many, Anarchism has become a belief or a faith. Who would deny it? Because this has become so, passionate quarrels, unjustified divisions and dogmatic exclusivisms have been provoked. That is why, when the evolution has been completed, the bankruptcy of beliefs, a reality in fact, must be proclaimed frankly by all who love the truth.

When Anarchism has gained more ground, the crisis must necessarily arise. Iniquity manifests itself everywhere. Books, magazines, newspapers, meetings reflect the effects of the rare contrast produced by the clash of so many opinions that have sneaked into the anarchist camp. In open competition, doctrinal particularisms fall one by one in the battle of beliefs. None are firm, and they cannot be, without denying themselves.

The illusion of a closed, compact, uniform, pure and fixed Anarchism, like the immaculate faith in the absolute, could live within the enthusiasms of the moment, in febrile imaginations, anxious for goodness and justice, but it is exhausted by truth and reason. It dies fatally when the understanding is clarified and analysis breaks down the heart of the ideality. And the supreme moment comes to shatter our beliefs, to break up the ideological clutter acquired from this or that author, in love with one or another social or philosophical thesis. Why hide it? Why continue to fight in the name of pseudo-scientific and semiological puerilities? Truth is not enclosed in an exclusive point of view. It is not guarded in an ark of fragile planks. It is not there at hand or at the reach of the first daring soul who decides to discover it. As the sciences, as everything human is in formation, it will be perpetually in formation. We are and will always be forced to follow after it through successive trials; in that no other way is the flow of knowledge formed and certainty established.

This is how Anarchism will be surpassed. And when I speak of Anarchism and I say that in minds something stirs that is incomprehensible to the dying world, and that we sense beyond the ANARCHY a sun, which is born because in the succession of time there is no sunset without orthography, I speak of Doctrinal Anarchism, which forms schools, raises chapels and builds altars. Yes; beyond this necessary moment of the bankruptcy of beliefs, is the broad anarchist synthesis that gathers from all the particularisms that are maintained, from all philosophical theses, and from all the formidable advances of the common intellectual work, the established and well-checked truths, whose demonstration every struggle is already impossible. This vast synthesis, a complete expression of Anarchism that opens its doors to everything that comes from tomorrow and everything that remains firm and strong from yesterday and is reaffirmed in today’s clash that scrutinizes the unknown,—this synthesis is the complete denial of all belief.

There is no need to shout: Down with the beliefs! They perish by their own hands. Belief, like faith, is an obstacle to knowledge. And in the restless stirring of so many anarchists speaking, beliefs fail. We will not hide it. Let every one of us throw away the old dogmatism of their opinions, the loves of their philosophical predilections, and launching the mind on the broad paths of unrestricted inquiry, reach as far as the conception of a conscious, virile, generous Anarchism, that has no quarrel except with conventionalism and error, and has tolerance for all ideas, but does not accept, even on a provisional basis, anything except what is well proven.

This Anarchism is the one that is quietly forming. It is the one that is elaborated slowly in the beliefs able to feel the pressure of the atavisms that appear everywhere. It is the one that made me write “The Bankruptcy of Beliefs:” a cry of protest against the reality of the anarchist herd; a cry of encouragement for personal independence; a call for the expansion of the ideal that every day lives stronger in me and encourages me to fight for a future that I will not enjoy, but which will be an era of justice, well-being and love for the men of tomorrow. This Anarchism is the rising Anarchism, capable of collecting within its breast all libertarian tendencies, capable of encouraging all noble rebellions and of impressing on generous spirits the impulse of freedom in all directions, without hindrance and without prejudice, with the sole condition that exclusivism does not raise Chinese walls and that the understanding is delivered entirely and unreservedly to the truth that beats vigorously in the most diverse modalities of the new ideal.

It will no longer be said in the name of Anarchism: No further! Absolute justice, revived in the dogma that now dies, will be but the indeterminate goal that changes as human mentality unfolds. And we will not fall into the strange and singular error of setting a limit, however distant, to the progress of ideas and forms of social benefit.

The rising Anarchism proclaims the beyond endless, after having knocked down all the barriers raised by the age-old intellectual absolutism of men.

Don’t you believe that all the particularisms, all the theories, are now failing, that all the factories of rubble, awkwardly raised for the glory of new dogmas, are collapsing? Don’t you believe that the bankruptcy of beliefs is the last link in the human chain that breaks down and offers us the full breadth the anarchist ideal, pure and without blemish?

Faith will have blinded you. And you wound do well to renounce the word freedom; that can be a herd even in the midst of the most radical ideas.

For our part we limit ourselves to record a fact: anarchists of all tendencies resolutely walk towards the affirmation of a great social synthesis that encompasses all the various manifestations of the ideal. The walking is silent; soon will come the noisy break, if there is anyone who insists on remaining bound to the spirit of clique and sect.

Whoever has not emancipated himself will be left behind with the current movement and will seek redemption in vain. He will die a slave.

Ricardo Mella


Sources:

La bancarrota de las creencias, by Ricardo Mella, «La Revista Blanca», 107, Madrid, December 1, 1902.

El Anarquismo naciente was published as a continuation of La bancarrota de las creencias, in a pamphlet published in Valencia, in 1903, by Ediciones El Corsario.

[Working translation by Shawn P. Wilbur]

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Luigi Fabbri, “La sintesis anarquista” (1928)

“La sintesis anarquista”

Luis Fabbri

Con este titulo nuestro Viejo compañero Sebastian Faure ha publicado una especie de manifiesto a los compañeros, en el cual expone en resumen una concepción integral suya del anarquismo, proponiéndola como programa de organización a una nueva unión de los anarquistas franceses, hace poca formada en contraposición a la veja unión, después del descontento suscitado entre los compañeros por las resoluciones… dictatoriales del ultimo congreso de la U. A. C. R. francesa.

El esfuerzo de S. Faure para llamar de nuevo a la colectividad anarquista a las bases fundamentales del ideal libertario es sumamente laudable: y es preciso desearle todo el éxito que el esfuerzo merece. Yo quiero decir aquí algunas ideas mías sobre esa “síntesis anarquista” no para refutaría, porque en substancia me hallo de acuerdo con S. Faure, sino para proponerle alguna leve modificación, para aclarar alguna de sus partes, para hacer alguna observación de carácter general, susceptible de vencer alguna desconfianza que podría ser suscitada por alguna frase, pasible de diversas interpretaciones.

Ante todo una objeción enteramente formal al nombre mismo de la nueva asociación: “Asociación de los federalistas anarquistas”. Yo soy contrario a todo agregado al nombre de “anarquista”, que parece que disminuye éste y complica la comprensión de la idea. Cuando se hace la propaganda, cuando se explica el programa anarquista es necesario adoptar otras palabras, para que se comprenda en qué sentido entendemos nosotros la anarquía; y entonces es bueno decir cuanto de socialista, de individualista, de organizador hay en nuestro concepto anarquista. Pero cuando queremos simplemente darnos un nombre, dar un nombre a una asociación nuestra, a un periódico, a una iniciativa cualquiera, debe bastar el nombre de “anarquista”—con el orgullo tranquilo de que la concepción integral que nosotros tenemos de la anarquía es la más completamente anarquista que s pueda imaginar, tanto desde el punto de vista histórico como del tradicional y en fin del teórico.

La anarquía, según mi opinión, no tiene necesidad de decirse de una manera especial socialista, comunista, federalista, sindicalista, individualista, organizadora, etc., porque en medidas y sentidos diversos es todos eso simultáneamente y no una de tantas cosas solo. Además cada cual de tales objetivos, por el significado diverso que se les da, tomado por si solo se presta a confusión, a errores de comprensión por parte de los amigos, con pretextos de incomprensión de parte de los enemigos o adversarios. Si yo hubiese debido aconsejar a los compañeros franceses de la tendencia de S. Faure, que es aproximadamente la que yo prefiero, un nombre nuevo, les habría dicho el de “Federación anarquista”, que me parece expresar en dos simples palabras, lo mismo, lo que se quería decir con lo de la asociación de los federalistas anarquistas. Con esta diferencia, que la “federación” es como un hecho, no como un principio. Come principio basta la anarquía.

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Pero vengamos al grano del proyecto programático de S. Faure.

Este examina las tres principales corrientes que dividen actualmente le campo anarquista: 1.o el anarquismo sindicalista; 2.o el anarquismo comunista; 3.0 el anarquismo individualista. De su examen obtiene esta conclusión: que las tres corrientes, lejos de negarse recíprocamente se integran, so el complemento de las otras.

“Las tres corrientes—dice—no tienen nade que las haga inconciliables, nada que proclame su incompatibilidad y que les impida vivir en buena inteligencia y también concertarse en vista de una propaganda y de un acción en común. La existencia de las tres corrientes no solo no perjudica a la fuerza total del anarquismo,—movimiento filosófico y social visto en su conjunto,—pero puede también y debe contribuir a la fuerza de conjunto del anarquismo. Cada una de esas corrientes tiene su puesto, su función, su misión en el movimiento anarquista ya que tienen por objetivo la creación de un ambiente social que asegure a todos y a cada uno el máximo de bienestar y de libertad”.

Para explicarse, Faure asemeja el anarquismo a lo que en química se llama “cuerpo compuesto”, es decir formado por la combinación de más elementos. El anarquismo está compuesto por tres elementos (además de otros menores y de menor importancia), que son el comunista, el sindicalista y el individualista. Son la circunstancias de ambiente y condiciones y de origen que determinan la prevalencia ya del uno, ya del otro elemento; pero los tres elementos se debe en todo caso combinar en él y es esa combinación lo que Faure llama la “síntesis anarquista”.

En todo esto, que es el fundamento de la concepción de Faure, yo (aparte tal vez de la fraseología que él adopta) estoy del todo de acuerdo. También convengo con él en la demostración que hace del porqué las tres corrientes, aun siendo distintas, no están por eso forzadas a estar en contrate. Es muy verdadero que el anarquismo, para triunfar, no puede (como él sostiene) pasarse sin el concurso de las masas obreras que se organizan en el terreno sindical. Es muy verdadero que el anarquismo no puede concebirse sin la negación de la explotación del hombre sobre el hombre, sin la supresión total del capitalismo y sin la puesta en común de los medios de producción, de transporte y de intercambio. Es muy verdadero que el anarquismo no seria tal si no fuese también la expresión mas alta y precisa del derecho del individuo, de todos los individuos, a la liberación de todas las opresiones políticas, económicas y morales, al desarrollo y expansión de todas sus facultades, a la satisfacción de todas sus necesidades. Por estas tres razones el anarquismo es al mismo tiempo sindicalista, comunista e individualista. De acuerdo.

Estoy de acuerdo además con Faure cuando muestra cómo la guerra encarnizada y a menudo desleal que se han hecho esta tres corrientes, una contra las otras, es lo que más mal ha causado a la causa común de la anarquía. Aunque separadas, habrían podido muy bien cooperar en lugar de combatirse, o por lo menos coexistir, desarrollando cada cual su trabajo y su lucha contra las instituciones burguesas, sin perder tiempo y fuerzas en trenzarse entre si hasta el punto de desautorizarse, paralizarse y neutralizarse recíprocamente el trabajo. Es preciso añadir también al respecto, sin embargo, que a menudo en estas luchas intestinas la cuestión de principio no es más que un pretexto; muy a menudo las determinantes verdaderas son cuestiones del todo personales, mezquinos intereses y más mezquinas rivalidades y vanidades, las cuales habrían creado la disidencia aun donde no hubiese existido la divergencia programática.

Creo que también en Francia se puede decir algo de este género, aunque yo estoy poco al corriente sobre los entretelones del movimiento y sus divisiones en este país. Pero sé que hay en otras partes, en otros países lejanos de Francia, divisiones muy ásperas entre fracciones del anarquismo, que están de hecho separadas y en choque entre si, bien que en el terreno de la táctica y de los principios tengan todas el mismo programa y proclamen todos (negando cada cual la sinceridad de las otras) los mismos criterios teoréticos y prácticos.

Si hay algo semejante también en Francia, tal vez S. Faure no ha querido poner el dedo sobre esta llaga, con el laudable propósito de no irritaría. Glissons… Pero en substancia, en la diagnosis del mal, también Faure razón en esto.

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¿Cuál es el remedio a este mal? Sobre el remedio Sebastián Faure no se extiende mucho, no se explica, en mi opinión, de un modo completo. Y es por eso que no estoy seguro de estar de acuerdo o en desacuerdo con él. Tal vez lo estoy solamente en parte.

Dice que los tres elementos constitutivos del anarquismo no están forzadamente condenados a combatirse sino que “están hechos para combinarse y formar una especie de síntesis anarquista, de la cual es preciso intentar pronto la realización practica”…justísimo! ¿Pero tendrá por si sola esta fórmula de la “síntesis anarquista” la virtud de unir a los que hasta aquí se han obstinado en quedar encarnizadamente divididos? He aquí el problema.

Porque si esta síntesis, que Faure traza en teoría, fuese traducible en la practica en la síntesis de todas las fuerzas anarquistas, y el único obstáculo a ella fuese la ausencia de la síntesis teorética, la unión de todas las fuerzas anarquistas seria desde hace mucho una realidad, porque—aparte de la formula general,—en la substancia aquella síntesis la hubo siempre. El anarquismo comunista, en la corriente que antiguamente se decía socialista-anarquista-revolucionaria”, según las ideas de Bakunin, Kropotkin, Gori, Lorenzo, Malatesta, Faure, etc., ha sido siempre la síntesis, la armonía de esos tres conceptos más importantes del anarquismo: puesta en común el a propiedad, libertad individual y colectiva, acción organizada de masas.

Sebastián Faure mismo debe convenir que lo que hoy nos presenta bajo la formula de la “síntesis anarquista” no es más que a repetición de las ideas que no ha conseguido aún—y nosotros, que esta en sus periódicos y en sus conferencias. ¿Cómo es que no ha conseguido aun—y nosotros que estamos e acuerdo con él, no hemos triunfado tampoco, aunque estamos repitiendo estas cosas desde hace treinta años—constituir de hecho, en la practica, en e movimiento aquella síntesis que desea? No por a ausencia de la idea sintética del anarquismo, que existía ya; sino porque la división tenia otras causas, en parte debidas a debilidades y defectos de los hombres, y en parte a la existencia de contrastes de teoría y más aun de táctica, de lo que Faure no tiene toda la cuenta debida, en su llamado apasionado y noble para unir a la mayor cantidad posible de anarquistas en un mismo movimiento orgánico.

No nos preocupamos de las debilidades y defectos inherentes a la naturaleza humana; estamos también nosotros plenos de ellos; pero en esto no tenemos que hacer más que una cosa: tratar de mejorarnos nosotros mismos, sin pretender demasiado ser nosotros los que hayamos de mejorar a los otros. Que cada cual sea severo consigo mismo, indulgente con los demás,—por lo menos con los compañeros. Las diferencias teoréticas las hay, pero, a excepción de ciertas exageraciones que no podríamos consentir, y que ciertamente el mismo Faure no aceptaría, no me párese insuperables. Pero el contraste lo hay, no se puede negar, en el terreno practico, en el modo de aplicar la teoría; y lo habría en el modo de aplicar la misción genérica de los principios a su realización en el una “síntesis” de Faure, apenas pase de la afirma movimiento. Este es el punto débil, no en Faure solamente, sino en todos nosotros.

También Malatesta, más de una vez, en Italia ha repetido que lo que separa las varias fracciones del anarquismo son más que otra cosa cuestiones de palabras. Si se van a analizar los razonamientos de los unos y de los otros, si se desciende al fondo de su móviles sentimentales, se halla a menudo en efecto que hay entre todos los anarquistas más unión substancial de la que parece. Pero… la desunión en la practica queda; y entonces es preciso decir que hay motivos serios de desunión.

A mi me parece que Faure ha descuidado más de la necesario el examen de esos motivos.

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He dicho ya que para os anarquistas comunistas y partidarios de la organización as ideas de la “síntesis anarquista” están contenidas en su programa. Pero la repetición que Faure hace hoy no es inútil, des de e momento que desde hace un tiempo se van infiltrando en la propaganda y en el movimiento anarquista hábitos, tendencias y también afirmaciones teoréticas que están en contraste con uno de los principios fundamentales del anarquismo: el de la autonomía en la organización, de la libertad de iniciativa individual y de grupo que debe estar en la base de toda organización anarquista, por extensa y compleja que esta pueda ser.

Después de la publicación de la “Plataforma” de un grupo de anarquistas rusos, que proponían la constitución de una asociación anarquista sobre bases más especialmente después del congreso de la Union Anarquista Francesca de noviembre pasado, que reafirmaba su constitución interna sobre orientaciones verdaderamente autoritarias y antianarquistas, ciertamente la “síntesis anarquista” viene a tiempo para recordar a los compañeros que se organizan la necesidad y el deber de organizarse “anárquicamente”, que para los anarquistas la organización es un principio irrescindible del de la autonomía. Pero es también verdad que las desviaciones son el hecho de una minoría insignificante en Francia y fuera aun cuando por un momento ha conseguido reclamar sobre si tanta atención y tener la sanción de un congreso de organizadores.

Los anarquistas comunistas y organizadores, en la casi unanimidad, han quedado fieles a sus principios, y no han olvidado de ningún modo ni la idea de que la revolución será hecha por las masas y que por tanto es necesaria la organización de estas tambien sobre el terreno sindical, además del insurreccional; ni la otra idea que la querida por los anarquistas es una “revolución de la libertad”, que debe emancipar el mundo social comenzado por un átomo constitutivo, que es el individuo. Por lo que se refiere a estos tres principios—puesta en común de la propiedad, organización para la lucha y para la vida, libertad individual—están ya de acuerdo con los otros anarquistas que reivindican los mismos principios.

Si no fuese más que para establecer una base programática, en e terreno teórico, podríamos decir que la cosa se ha hecho ya desde hace cerca de cincuenta años. Pero es cuando se trata de constituir organizaciones de hecho entre los adeptos a aquél programa, para desarrollar una acción determinada, para hacer determinadas cosas, que surge la necesidad para los asociados de hallarse de acuerdo no sobre un punto solamente del programa, sino sobre todos. Los anarquistas comunistas organizadores—agrego esta ultima palabra para los anarquistas italianos, en cuyo medio están también los anarquistas comunistas contrarios a la organización,—si quieren constituir una organización efectiva y no contradictoria en sus elementos, es preciso que la funden sobre los tres principios más arriba mencionados, los tres indispensables (en su opinión) al anarquismo. Y por tanto la primera condición para que la organización no sea condenada a verse paralizada por contrastes internos, es que todos sus componentes estén de acuerdo en aceptar esos tres principios y no uno o dos solamente.

Los que no están de acuerdo sobre los tres principios serán anarquistas también; no lo negamos. Queremos estar en buena armonía con ellos y, cuando sea posible, intercalar ayudas para determinadas iniciativas sobre las que se esté de acuerdo. Pero para asociarse duraderamente y en vasta escala, es preciso que los asociados estén de acuerdo sobre todas las cuestiones más importantes; y no sobre otra, y otros aun sobre una tercera exclusivamente, quedando siempre para todos dos motivos de divergencia sobre tres. La divergencia paralizaría toda actividad común de la asociación, pues no es concebible que cada cual, para estar de acuerdo sobre una coso, se adapto a hacer o solo a no combatir las otras cosas que no aprueba o cree nocivas.

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Veamos más de cerca los puntos de divergencia, que imperidian todo funcionamiento a una organización que recogiese las diversas fracciones del anarquismo sin distinción.

¿Podremos, por ejemplo, estar asociados con los llamados “platformistas”, los cuales persistirían en querer introducir en la organización sistemas que nos parecerían autoritarios, como los adoptados por el congreso francés de noviembre pasado? No, ciertamente; y Faure y sus amigos están de acuerdo con nosotros, tanto es así que han salido por esa razón de la U. C. A. R. de que formaban parte. Por una razón de oportunidad yo habría, a decir verdad, preferido que quedasen en ella, porque me parece que así habrían logrado mejor impedir las temidas desviaciones y obrar e modo que las resoluciones antianarquistas del congreso quedasen letra muerta; pero las razones por las que ellos han salido son justísimas, y en todo casi habrían debido salir de ella más tarde, si no hubieran conseguido conservar a la U. C. A. R. el carácter anarquista querido. La separación en el terreno practico de los anarquistas organizados sobre bases poco anarquistas, es decir que olvidanel aspecto autonomista y federalista al mismo tiempo del anarquismo, seria inevitable.

Hay además los anarquistas sindicalistas. Nosotros, comunistas anarquistas organizadores, estamos de acuerdo con ellos en que la organización sindical de la clase obrera es necesaria para la revolución, sea para la lucha, sea para el comienzo de una reconstrucción social sobre bases libertarias; así también estamos de acuerdo en querer dar a la organización sindical la orientación más libertaria y revolucionaria posible. Pero cuando los anarquistas sindicalistas, como ocurre en algunos países, subordinan el anarquismo al sindicalismo, encierran todo su anarquismo en el sindicalismo, se oponen a toda otra forma de organización anarquista, atribuyen a los sindicatos funciones sociales y revolucionarias en contraste con su naturaleza, crean en substancia otro peligro de desviación autoritaria y monopolista en el seno del movimiento y de la revolución, rompen el equilibrio de las fuerzas en el seno del anarquismo, y se colocan por si mismos fuera de una posible organización anarquista,—la cual sobre todo quiere que como un medio subordinado, y no el único, de la revolución por la libertad. Esto es tanto más verdadero cuanto que en los países donde el anarquismo sindicalista es más fuerte, constituye organizaciones por su cuenta, distintas de las organizaciones anarquistas propiamente dichas.

En cuanto a los anarquistas individualistas, la diferenciación es más evidente, aun cuando en la practica es inasible porque es variable hasta el tendencias que se llaman individualistas. Si todo el individualismo consistiese en la afirmación de la soberanía individual, en el principio que Faure toma como termino característico, entonces todos los anarquistas podrían decirse individualistas. Pero cuando los individualistas niegan toda organización que no sea la del grupo ocasional y de afinidad contingente, niegan todo pacto social duradero y que implica compromisos ¿cómo organizarse con ellos? En la propaganda ¿cómo concitar a nuestra para la puesta en común de la propiedad con la suya de a apropiación individual? Y cuando hablamos de libertad para todos los individuos ¿cómo conciliar esta propaganda con la paradoja de tantos conquista su libertad con su fuerza, sin preocuparse de os otros, e incluso en perjuicio de los otros?

Yo creo que S. Faure convendrá en estas observaciones mías. Solo que él me dirá: “Pero si hay comunistas, individualistas y sindicalista que convienen en asociarse sobre bases duraderas y vastas, al contrario de los otros que se cierran en su exclusivismo, aceptando todos los tres principios de la puesta en común de la propiedad, de la organización libertaria y de clase, y de la autonomía individual y de grupo ¿por qué no podrían hacerlo a pesar del nombre diverso y aun cuando hubiese divergencia de opinión entre ellos sobre la importancia mayor o menor que hay que dar a uno o a otro de los tres llamados elementos constitutivos del anarquismo?”

¡De acuerdo! podrian hacerlo, y seria deseable que lo hiciesen. Pero Faure convendra que en tal caso sus nombres diversos no importarian nada, pues en realidad serian todos la misma cosa,—serian nosotros hemos sido siempre: comunistas, revolucionarios y anarquistas.

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Debo advertir que he hecho mías, en ocasión de esta discusión, muchas formas de expresión de Faure, para quedar más íntimamente en sus argumentos, como, por ejemplo, la “puesta en común de la propiedad” que según mi opinió se entiende en un sentido más bien relativo, en el sentido que nadie pueda tener en sus manos el medio económico para explotar a sus semejantes, y que todos tengan, en cambio, los medios para satisfacer las propias necesidades. El modo, luego, de organizar la producción y la distribución,—aun pareciéndome superior el de tipo comunista,—es secundario y puede variar según los lugares, tiempos y circunstancias.

Otra cosa:—Sebastián Faure dice en cierto punto—citando mi nombre,—que yo le he dicho que un ensayo de realización de lo que él llama “síntesis anarquista” se ha hecho en Italia, con la Unione Anarchica Italiana. Le he dicho, en efecto, algo semejante. Pero es preciso que me explique para evita equívocos.

En Italia una división exacta entre las tres fracciones—comunista, sindicalista e individualista—como Faure la precisa no existía. La verdadera división era, y es todavía entre anarquistas organizados y anarquistas antiorganizadores, entre los que eran partidarios de un asociación anarquista constituida orgánicamente, con criterios de solidez y de extensión, y los que le eran adversos o negaban toda organización, o preferían la organización de grupos locales, desligados, ocasionales, temporales. Los anarquistas organizados eran todos de tendencia comunista, y de éstos se decían sindicalistas los que en la practica se dedicaban al movimiento obrero y sindical, pero sin dividirse de los otros más que por detalles o cuestiones secundarias. Ellos pertenecían todos a la Unione Anarchica Italiana; y en los congresos de ésta, a través de la discusiones, se percibía apenas alguna diferencia de mentalidad y de orientación entre unos y otros.

Los anarquistas antiorganizadores, la mayor parte comunistas-anarquistas y en una pequeña minoría individualistas, estaban naturalmente fuera de la U. A. I.; pero algunos de ellos se unían a los anarquistas organizados para iniciativas en común. El diario “Umanitá Nova” dirigido por Malatesta, había salido por los esfuerzos comunes de unos y de otros, y así también el periódico “Fede”. Pero la U. A. I. Desarrollaba su propia actividad por su cuenta, y había periódicos que se mantenían exclusivamente en su orbita. Los anarquistas antiorganizadores le eran completamente extraños, no participaban en sus congresos y tenían también órganos propios.

La Unione Anarchica Italiana comprende a todos los anarquistas concordes en la lucha organizada contra el capitalismo y contra el Estado, por la revolución que realice a emancipación individual y colectiva, de clase y humana, con a igualdad y a libertad para todos, sobre la base de la solidaridad y de la asociación voluntaria de los esfuerzos. Su programa, redacto por Errico Malatesta, contiene todas las ideas constitutivas del anarquismo, que Sebastián Faure llama comunistas, sindicalistas e individualistas; pero ninguno de esos adjetivos es adoptado. Es decir están expuestas las ideas del anarquismo integral, que Faure reúne en su síntesis, diciendo lo que los anarquistas asociados quieren y se proponen hacer, pero sin adoptar otra especificación teorética fuera de la “anarquista”. Así, el que apruebe entenderse después con os otros asociados sobre las formas y maneras de organización interna, se en los grupos como en los congresos.

Este tipo de organización me parece susceptible e recoger a su alrededor el mayor numero de anarquistas. Pero, no obstante, no podría recogerlos todos. De aquí la necesidad de resolver el problema e las relaciones, no solo entre anarquistas asociados en una dada organización, sino también de estos con anarquistas de otras organizaciones o grupos, con los mismos anarquistas desorganizados de todas las tendencias del anarquismo. Ahora no se puede pretender resolver este problema fundando simplemente una nueva organización. No puede ser resuelto más que sobre le base de la reciproca comprensión y tolerancia, y de a persuasión que cada cual tiene derecho a organizarse a su modo con aquellos que piensan como él, o a no organizarse de ningún modo,—sin que por esto sean imposible entre todos as mejores relaciones de cordialidad y de fraternidad, y sin que nadie pueda para si o para su tendencia pretender la infalibilidad o el monopolio del anarquismo.

—–

No quiero cerrar estas notas a la “Sintesis” de S. Faure sin advertir que no quieren ser de ninguna manera ni una critica ni una refutación de las ideas de nuestro valeroso compañero francés, con el cual, repito, me hallo casi del todo de acuerdo, sino más bien un agregado al trabajo hecho por él, una aclaración mayor de alguna de sus partes, una contribución a su propaganda, contribución que se suma a ella y no disminuye nada de su eficacia.


[Suplemento Quincenal de La Protesta (Buenos Aires) 7 no. 286 (June 15, 1828): 329-333.]

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Max Nettlau, “El buen acuerdo anarquista” (1928)

EL BUEN ACUERDO ANARQUISTA

Max Nettlau

Desde hace largo tiempo el anarquismo militante no ha producido un documento más razonable y bienvenido que La Síntesis anarquista de Sebastián Faure (20 de febrero de 1929; suplemento del “Trait d’Union”, boletín mensual, Paris, 55, rue Pixerecourt, XX). La copa del aislamiento y del fanatismo estaba llena y se ha desbordado por fin; después de la “Plataforma” y el congreso de octubre de 1927 ha venido la repulsión, la vuelta al buen sentido, la necesidad de ver vivir las diversas corrientes anarquistas, principalmente el anarco-sindicalismo, el comunismo libertario y el individualismo anarquista, en buena inteligencia, en buen acuerdo, “pasando la esponja sobre nuestros errores recíprocos y adquiriendo el compromiso de no remover esas tristezas”. Si esta iniciativa tomada por Sebastián Faure es seguida de ejecución sobre una gran escala y en todos los países, el anarquismo habrá adquirido en fin una de las condiciones esenciales a todo movimiento viviente y progresivo, saldría de la inmovilización doctrinaria de la restricción en limites, por no decir fronteras, estrechos, del acogotamiento brutalizante y fanatizante, en una palabra del sectarismo miope que limita toda su fuerza de atracción.

Porque a los ojos de todo investigador reflexivo ha debido presentarse el gran contraste la amplitud de las concepciones anarquistas generales y la estreches de las proposiciones prácticas, sobre todo de las concepciones económicas preconizadas al mismo tiempo—con une mano parece que se ofreciera la más gloriosa manifestación de la libertad sin limites, y con la otra mano se quita una gran parte de esa libertad a favor de alguna solución-panacea económica, única y superior a todas las demás posibilidades. Ese no varietur de las doctrinas económicas daba a la concepción tan amplia de la humanidad libre y solidaria, ese sello pequeño y restringido que enfurece a los buscadores de libertad y n atrae más que a un numero restringido de creyentes. Sin duda la elaboración de proposiciones económicas y de semejantes especializaciones es inevitable y necesaria para ejercita nuestra inteligencia, completar la imagen de la vida porvenir que cada cual se crea en espíritu, pero se habría debido decir siempre altamente que esas no son más que hipótesis, posibilidades de la expresiones de nuestros deseos y predilecciones personales, algo que nosotros, disfrutando de libertad y de riqueza sociales, trataríamos de realizar, mientras que otros ensayarían otras realizaciones,—y que no son soluciones, necesidades, caminos únicos, fuera de lo cual no hay más que lo absurdo y lo reaccionario.

En un pasado ya lejano los primeros socialistas, casi todos como hijos de su época autoritaria, llenos de fe en la potencia de una autoridad bienhechora ellos mismos, y completamente privados de todo medio de acción practica y directa, han propuesto sus ideas de una sociedad libre, igualitaria y feliz, bajo forma de utopías, de sociedades imaginarias, en las cuales fuerzas autoritarias benevolentes e incorruptibles regularían la producción y la distribución y toda otra actividad de la vida social. Más adelante otros autores han hecho lo mismo en los sistemas socialistas que no fueron más que utopías teoréticas, sin cuadro romántico ficticio. El Code de la Nature de Morelly (1755) es uno de los primeros. Esta forma, tomada tal vez a los sistemas religiosos con sus cosmogonías, origen de todas los cosas, y sus escatologías, las cosas futuras y ultimas, era magnifica para atraer a los creyentes fervientes, pero repulsiva para los espíritus críticos que se veían siempre ante un conjunto del cual se les decía más o menos: hay que tomar o que dejar, pero no hay que tocar ahí.

Los primeros anarquistas tocaron, como hicieron, por ejemplo, Godwin y Max Stirner, Proudhon y Bakunin, demoliendo tanto el sistema estatista y capitalista como el socialismo erigido en sistema autoritario. Sin embargo, con mucha frecuencia, sea por las disposiciones personales (como quizás para Josiah Warren, que tenía el temperamento del inventor que trata de abrirse un camino y acaba por volverse egocéntrico), sea porque los adeptos les piden consejos prácticos o los adversarios les desafían a probar su caso mediante proposiciones detalladas, etcétera, sea porque ellos mismos están completamente penetrados de sus ideas y no salen de ese circulo—en tales condiciones también los anarquistas han elaborado sistemas demasiado completos, demasiado detallados para no volverse así demasiado estrechos, demasiado su propio producto personal, su utopia individual. Yo pienso que entre los anarquistas mas conocidos como autores y pensadores, al lado de Warren, sobre todo Proudhon y Kropotkin pertenecen a ese número. Uno y otro han hecho lo mejor de lo que había en su tiempo, en critica social y en concepciones generales de las tendencias que conducen a la anarquía—no tengo nado que hacer aquí con esa parte durable de su obra,—pero precisamente Proudhon y Kropotkin han elaborado también el detalle del mutualismo y del comunismo con talento y ardor, para hacer de ellos algo que es muy bello cuando se le considera como se contemplan los cuadros, como se goza ante una obra de arte o de ingenio, pero cuando se toma por camino definitivamente trazado, por programa inalterable—entonces se engaña uno: no es otra cosa que el porvenir entrevisto por los anteojos de dos hombres muy inteligentes y muy abnegados, pero eso no es ningún descubrimiento definitivo, ninguna guía, por decirlo así, del viajero anarquista hacia el bello país de la anarquía. Casi todos reconocen hoy que tal es la verdad respecto de las concepciones de Proudhon, hemos visto rodar una tras otra las previsiones de Marx sobre el provenir, y seriamos lógicos no atribuyendo una superioridad excepcional a las concepciones, en tanto que especializadas en una parte de sus escritos constructivos, de Kropotkin o de otro cualquiera.

Hay anarquistas que se han guardado bien de caer así en el detalle, como se podría decir. Bakunin se ha limitado estrictamente a mostrar lo que era preciso demoler y cuáles eran los primeros fundamentos de una sociedad nueva libre y de qué garantías debía estar rodeada en su comienzo contra la reacción y las desviaciones autoritarias; todo lo demás, según él, se refiere al porvenir y a los hombres futuros. No se encontrará Tampico en la obra de Eliseo Reclus una inclinación a levantar ese gran velo que cubre el provenir; entrevé las bellezas de una sociedad tan perfecta como posible, de la identidad de la libertad y la solidaridad en la fraternidad universal, el amor, pero se guarda bien de precisar el detalle, aun teniendo, con buen derecho, predilecciones, tolerancias y aversiones personales. Me parece probable que si Kropotkin hubiera podido decir más ampliamente sus últimos pensamientos—su prefacio a la Palabras de un Rebelde rusas de diciembre de 1919 me lo hace presumir—habría tratado de coordinar sus ideas personales con otras ideas que él veía abrirse camino también. Y creo que Malatesta haría lo mismo si pudiese hablarnos.

He mostrada en otros artículos y escritos cómo ya en las concepciones sociales de James Guillaume (1874-76) el detalle económico (colectivismo, comunismo) dependía de la que seria la situación del grupo en la hora dad (de si hubiese abundancia o no, etcétera). Lo mismo en España, hace cuarenta años, Tarrida del Mármol, Mella y otros han propuesto el anarquismo sin epíteto económico, admitiendo a la vez los arreglos comunistas y los colectivistas. Igualmente Voltairine de Cleyre, en 1901, que ponía al mismo nivel los cuatro matices de anarquismo que establece, y explico su diferenciación por causas locales y otras, y no por errores, extravíos, descubrimientos, progresos victoriosos de la nuevo sobre lo viejo, como se ha hecho tan a menudo y se hace todavía. Yo mismo he sido en otro tiempo convencido de la superioridad absoluta del comunismo anarquista y de la falta de valor y de las cualidades de superado y de anticuado de los matices colectivista e individualista. Pero desde 1897 aproximadamente vi las cosas de otra manera, reconozco a cada matiz su derecho a la existencia, no pretendo prever el porvenir, no temo la diversidad, sino que la quiero, comprendo que no se subordinará nunca la humanidad a algún sistema único, aunque fuese el mejor, y me complace ver a los hombres por el mayor numero posible de caminos y de métodos encaminarse hacia una vida de espíritu libre y buen sentido social, de que seria verdaderamente presuntuoso querer canalizar la expansión y conducir el océano personal, individualista, colectivista o comunista. Sin embargo, se sabe por la carta de Kropotkin a mi en marzo de 1902, publicada en esta revista en 1926, que entonces me defensa de la ideas semejantes fue vana, como fue lo que escribí al respecto entonces y hasta 1914 en Freedom, Mother Earth y Temps Nouveaux. En 1929 se reimprimió en New York en ingles un articulo de ese genero mío, tomado de Freedom de febrero de 1914, y ese articulo fue luego traducido y discutido por anarquistas italianos en sus periódicos, un 1926, esta vez no ya con la intransigencia negativa absoluta o la indiferencia que encontró en los años hasta 1914 casi en todas partes.

Hay, pues, en fin, un poco de progreso en la apreciación de esta idea de la tolerancia mutua y de la buena inteligencia entre todos los anarquistas, cualesquiera que sean las hipótesis económicas que a cada uno le parecen más probables o le son más simpáticas y que cada cual realizará en una sociedad libre, lo que estará en su derecho incontestable.

Por eso deseo buena suerte a Sebastián Faure que levanta su voz, en fin, a favor de esta misma idea de la cual dice: “Yo no he descubierto nada y no propongo nada de nuevo”, mencionando al respecto precedentes en la organización Nabat de Ukrania y en la Unione Anarchica Italiana. Habria podido buscar esos precedentes más atrás, como acabo de hacerlo yo, y habría podido insistir sobre las grandísimas resistencias que esa idea encontró siempre—¡ojalá esas resistencias queden ahorradas a su iniciativa de 1928!

Si puedo aventurar una critica, el nombre de síntesis anarquista no me parece bien elegido. Si los tres matices del anarquismo de que Faure habla no son elementos estrictamente aislados que se repudian uno a otro, como productos hostiles de la especie del agua y del fuego, por ejemplo, el nombre seria excelente. Serán, pues, ante todo elementos tan autónomos como hasta aquí, pero que no se combaten más y viven en “buena inteligencia, incluso concertándose en vista de una propaganda y de una acción comunes”—allí donde les conviene. Muy bien, pero de ahí a una síntesis, a una “combinación de varios elementos” hay gran trecho. Tal combinación podrá resultar de la verdadera experiencia en una vida social libre, y aun entonces no será un resultado permanente, no será más que una grada de la escala de donde subirá luego a una grada más elevada. No se comienza, pues, por un síntesis; es un esfuerzo preconcebido, premeditado, ¿y quién impondrá ese esfuerzo? ¿Alguna inteligencia superior al margen? Nosotros no queremos jefes inspiradores. ¿O los componentes del grupo? Entonces la síntesis variará de grupo de grupo y en los grupos según la entrada o la salida de miembros. Se estaría ante una especie de representación proporcional, mecanismo que para las idas no vale nada: una idea no cambia de buena en mala, o al revés, según la cifra de sus adherentes. Así yo no veo qué se podría “poner junto”, sin-tetizar, com-poner ahora, sino cosas del todo exteriores y formales.

Seria mejor decir buen acuerdo anarquista, convivencia anarquista, respeto mutuo anarquista, lo que garantiza las autonomías y deja a un lado las síntesis prematuras que pueden ser tan molestas como los aislamientos. La verdadera síntesis llegará o no llegará, es decir que, cuando se sea verdaderamente libre y se esté en posesión de las riquezas sociales, no habrá más que la vida libre con sus combinaciones y constelaciones incalculables e innumerables que no se tomará uno ya el trabajo de llamar síntesis; no habrá más que una fase cualquiera de nuestras actividades e inter-relaciones continuas, del movimiento permanente del cual formamos algunos granos de polvo.

* * *

¿Será posible ver pronto esta idea de la buena amistad entre los anarquistas de todos los matices generalmente aceptada? Ella implica, come Faure insiste muy justamente, el paso de la esponja sobre el pasado, la cesación de las guerras, polémicas y recriminaciones mutuas. Allí apela a las disposiciones sociales, a las cualidades personales, al valor moral que se posee o que no se posee.

Es imposible conciliar cualidades antagónicas, pero por eso no hay ninguna necesidad de devorarse o de estrangularse unos a otros. El mundo no está de tal modo poblado de anarquistas que cada cual no pueda ir por donde quiera y volver las espaldas a un ambiente que no le agrada, y no hay necesidad de entablar una lucha por eso, sobre todo cuando se tiene leal—y sobre todo es lastimoso hacer eso—pero que no se acaba nunca con un adversario desleal que renueva siempre la querella y no quiere la paz.

¿No estamos demasiado, aunque sea inconscientemente, bajo la influencia de procedimientos autoritarios que vemos a nuestro alrededor toda la vida?

Así en organización todo el mundo desciende de las organizaciones democráticas autoritarias que el siglo XVIII ha creado, se tiene aun el ejemplo de las organizaciones secretas, el de las organizaciones obreras de defensa práctica e inmediata (trade unions) y el de las corporaciones antiguas de visiones más estrechas, y el de los gobiernos y administraciones de todos los días. De todo eso se deriva una rutina y a menudo una mentalidad más o menos autoritaria, y lo que la anarquía ha tratado de crear en su propio espíritu, el grupo y la federación, o bien el grupo autónomo sufre sin embargo por las infiltraciones autoritarias que sus miembros, educados, come lo estamos todos, en el ambiente autoritario, aportan a él sin saberlo y sin quererlo. Entonces o bien nuestras organizaciones adquieren un sello autoritario, o salvándose de ese peligro, se cae en una indiferencia, en una negligencia, en una falta de puntualidad, etc. Que disminuye mucho su eficacia, o se erige en principio un antiorganizacionismo, lo que es fácil de decir en principio, pero que carece de contenido real, activo, creador, como toda negación pura.

Y el espectáculo de las guerras, de las violencias, del militarismo, ese verdugo colectivo permanente de los pueblos, de las querellas y litigios envenenados por los tribunales, todo ese salvajismo que fomenta la crueldad y la intratabilidad, todo eso aceptado como la cosa más natural por el patriotismo y la mentalidad del Señor-Todo-el-Mundo—¿no hay en todo eso un estimulante perpetuo para nuestras guerras intestinas, para nuestras polémicas envenenadas y incurables, para nuestros odios y querellas que, ahora, llenan y manchan los periódicos, pero que, como se ve en Rusia desde hace diez años, los de los socialistas que tienen el poder material se siguen e intensifican por la muerte, la prisión dura y la deportación de sus adversarios en ideas, suprimiendo al mismo tiempo toda expresión de un soplo de oposición y de disidencia?

Y como los hombres están recluidos en Estados, separados por lenguas y nacionalidades, organismos de inter-hostilidad permanente que no buscan más que la oportunidad de erigir su superioridad uno sobre otro, si no de destruir y englobar enteramente a los más débiles, y como raramente alguna cuestión común a todos puede ser resuelta equitativamente, salvo al fin de las transacciones meas complicadas (pensad en el “desarme” discutido en Ginebra desde hae tantos añas, en la libertad de comercio cada vez más reducida, etc.) ¿se cree que eso no tiene un efecto deletéreo sobre la mentalidad de los hombres avanzados también?

La diplomacia de los Estados, lenta y pesada, malvada y dilatoria, ineficaz en suma para hacer otra cosa que llenar de intrigas y de banalidades los intervalos entre las guerra, tiene su contraparte en la diplomacia obrera y socialista, sindicalista y anarquista. También aquí la organización es un organismo que posee las cualidades de un Estado, que ante todo mantiene su potencia, sus intereses, su prestigio. Los Estados no pueden y no quieren llegar a ninguna solución relativamente equitativa y razonable sobre el desarme, las obstrucciones aduaneras y sobre cualquier otra cuestión importante, como no pueden ni quieren llegar a un poco de verdadera solidaridad, de internacionalismo no nominal y de frase, sino practico y de hecho, las organizaciones de los movimientos que acabo de nombrar. He dicho ya en otra parte que desde el congreso de Basilea de la Internacional en 1869, hace casi sesenta años, nunca han deliberado juntos sobre un terreno igual, entre cantidades de delegados espontáneamente constituidos, en una atmosfera mutuamente amistosa. (Es inútil recordar aquí algunas raras ocasiones posteriores que yo podría fácilmente enumerar: examinándolas de cerca se vería que las condiciones de igualdad fraternal y de representación amplia y espontánea de 1869 no han existido en los congresos o reuniones posteriores que, por lo demás, han cesado enteramente desde hace ya mucho tiempo). Desde 1870 la situación política en Europa fue la de hostilidad permanente que se manifestaba en guerras y preparaciones de guerra—fue lo mismo desde 1871 (conferencia de Londres), 1872 (congreso de La Haya), en la Internacional, escidida desde entonces, y ni los Estados ni los obreros socialistas después. A la situación particular creada desde 1917-19 por la revolución rusa y los tratados de “paz” en Europa, corresponde el seccionamiento de los obreros sindicados en las tres Internacionales, la de los países de la Entente en primer lugar, la de Rusia y de sus vanguardias comunistas por otra parte y la que corresponde más o menos al sentimiento de los países neutrales. Y parece que esas escisiones y grupos de los Estados y de las organizaciones obreras tienen verdaderamente un denominador común que es la mentalidad general presente en cada país, de la cual los partidos avanzados, incluidos los anarquistas, no saben emanciparse. Esto es quizás inevitable, puesto que una atmosfera asfixiante ataca a todos; en fin, si es así, es preciso darse cuenta de ello bien pronto y abrir las ventanas de par en par o, de lo contrario, sucumbiremos todos.

En fin, si se es de esta lentitud y de esta falta de buena voluntad desesperantes para entenderse relativamente, para llegar a un modus vivendi un poco más social y solidario que perro y gato, agua y fuego, ¿cuál será entonces la situación en tiempo de una revolución social? Todo el mundo con el cuchillo fuera, como hoy las arengas y las plumas son infatigables en el estredesgarramiento. ¿Y cómo organizar con tales hábitos inveterados una producción y una distribución solidarista, sea mutualista, colectivista o comunista? Localmente se estará bajo el imperio de los odios y aversiones acumuladas de los unos contra los otros, y en los territorios e internacionalmente se tendrán los hábitos del prestigio local, de las compensaciones, de las transacciones dilatorias, y si se tratase de transportar producios locales a una distancia alejada donde se les necesita, eso se podrá hacer aquí y allí rápidamente, con ímpetu, sin calculo, será ciertamente en la mayor parte de los casos objeto de negociaciones, compensaciones exigidas, tentativas de prevalerse de alguna superioridad local, en una palabra, no marcharía más pronto que los trabajos de la Liga de las Naciones de Ginebra y no habría que asombrase si, a consecuencia de las postergaciones, de las dilaciones la impaciencia se hace sentir y si algunos creen necesarias decisiones violentas, el régimen personal, la dictadura.

Para evitar eso es preciso el aprendizaje de la libertad y de la solidaridad y convivencia y tolerancia, y ese espíritu no caerá en nosotros en forma de paloma como el Espíritu Santo, sino que hay que formarlo por la practica de todos los días en el intervalo, grande o pequeño, que nos separa de las crisis sociales nuevas. Todos hemos fracasado en las grandes ocasiones de acción internacional presentadas por la revolución rusa y el fin de la guerra, en 1917-19, hemos fracasado en las ocasiones que se presentaron después, desde Italia en 1920 a China en 1927. Tratemos, pues, de obrar mejor por fin y de no presentar al capitalismo, desunido individualmente, pero, sin embargo, más unido que nunca en la defensa violenta de sus acaparamientos y privilegios, el espectáculo de desmenuzamiento y de entredesgarramiento individual, al cual no corresponde una voluntad revolucionaria colectiva desgraciadamente: si hay alguna cohesión en la defensa obrera, no hay ninguna en el ataque obrera y no la habrá después de una revolución social, en le tren que van las cosas y según lo que nos muestra el ejemplo de Rusia desde 1917…

Sin exagerar, sufrimos, pues, todos mucho la influencia de la atmosfera autoritaria que respiramos por cada soplo de aliento. Hay, sin embargo, ya en el mundo presente algunos ambientes en que le aire está un poco menos viciado. Así la ciencia y el arte han pasado ya a través de esos periodos tenebrosos y se han creado una vida libre. Lo mismo ocurre en la ciudad, de la aldea a la capital; se ha desarrollado en ella una convivencia local que permite la residencia sin interferencia de hombres de los oficios, de las nacionalidades, de las religiones, de las opiniones más diversidad, y este ejemplo, con todas sus imperfecciones que no desconozco, es más edificante que el ejemplo de las escisiones cada vez más envenenadas que ofrecen los movimientos avanzados. La convivencia es una forma social superior al aislamiento, puesto que el ambiente social agrega fuerzas al individuo que, aislado, o bien se empobrece y se atrofia o bien acapara las fuerzas de otro sin reciprocidad, se convierte o permanece un ser antisocial, que engorda a expensas de una colectividad a quien explota.

¿Cómo podremos reproducir en una sociedad futura libre, al menos la comodidad, la seguridad, los conforts que han sido creados por la convivencia apacible en las ciudades—en oposición a la vida antisocial de los jefes feudales con sus siervos sometidos, banditos y nómadas, que vivían a expensas de la comunidad y al margen de ella,—si estamos virtualmente en el estado de esos jefes feudales, bandidos y nómadas fuera de las ciudades que se oprimían, se robaban y se mataban unos a otros?

No; será preciso desembarazarnos de ese espíritu de intolerancia mutua, que nos llega ante todo de la religión que, como la patria, como el posesor y el privilegiado, no conoce más que a ella misma como fin único y que es hostil a todo lo que está fuera de ella. Si el católico detesta al protestante o al libre-pensador, y si el comunista detesta al individualista y viceversa, si la Internacional II detesta a la Internacional III, etc., es siempre exactamente el mismo espíritu; es el fanatismo ciego que ha conducido en otro tiempo a los autos de fe, como conduce ahora a la prisión o al muro en Rusia y como inspira las polémicas de la mayor parte de nuestros periódicos.

Por tanto, si la iniciativa de Sebastián Faure de crear un modus vivendi entre anarco-sindicalistas, comunistas libertarios anarquistas individualistas en Francia, triunfa, seria excelente, pero no seria más que el primero de los pasos de la superación que nos hace falta. Porque no estamos solo en el mundo, y si en otro tiempo, hace mucho, se ha podido esperar que, en algunos países al menos, las ideas anarquistas serian aceptadas por la gran mayoría y por todos los hombres activos y alertas del proletariado, seria preciso estar ciegos para no ver que tales situaciones no existen ya hoy o bien no existen más que de un modo por completo local. Entonces, además, se trataba de un número restringido de países; ahora esas cuestiones se agitan en los cinco continentes y sabemos bien que una inmensa mayoría del proletariado se contenta con un socialismo y un tradeunionismo muy anodinos, y que muchos elementos activos y militantes, están en todas partes fascinados por los oropeles de la dictadura. En esta situación hay, pues, el menos, res grandes tendencias—la libertaria, reformista y dictatorial—que están siempre a la obra para extenderse, que cada cual estará en su lugar el día de las grandes crisis sociales, que cada cual hará todo lo posible por dominar a la otra y ponerla contra el muro si puede (como en Rusia): ¿estaríamos así verdaderamente ante una fatalidad inevitable, contra la cual no hay absolutamente nada que hacer?

Si apresuramos el advenimiento de la revolución, las otras dos estarán allí para tomar el poder y caeríamos del estado de derecho relativo a vivir que nos garantiza incluso el sistema presente, en el estado, sea de lucha a muerte contra los socialistas, sea de derrota y de represión absoluta como en Rusia después de 1918. Es verdaderamente curioso que los países capitalistas de nuestros días son el único lugar en que podemos hacer una propaganda oratoria y literaria relativa no absolutamente obstaculizada, mientras que en el país socialista, Rusia, se ha vuelto tan imposible como en el país medioeval, la Italia del fascismo. ¿Hemos de aceptar todo eso con fatalismo y resignación o más bien debemos luchar contra ello?

Un anarquismo unido (no unificación, sino un franco conjunto de todos sus matices), lo mismo que un sindicalismo solidario, que deja juego libre a las diversas etiquetas de marcas rivalizantes, lo mismo que los movimientos progresivos voluntarios de toda especie (cooperación, libre pensamiento, educación libre, mujeres, paz, etc.), una tal colectividad de voluntades humanitarias y, en grados diversos, antiautoritarias, libertarias y sociales deberían tratar a su vez con los grandes bloques reformistas y dictatoriales, y llegar a hacer reconocer su derecho a la existencia, al respeto y, si por crisis de revolución el poder y el monopolio capitalista caen, su derecho a partes del patrimonio social común de todos, de la tierra, de las riquezas sociales y del libre ejercicio de su género de vida preferida, en proporción a sus dimensiones. Eso quiede decir que en estas condiciones podrá haber convivencia entre todas esas tendencias, estado de cosas que no es todavía la perfección (que no puede existir nunca al principio de una evolución nueva), pero que me parece infinitamente superior a lo que ha ocurrido en Rusia estos diez años y que se repetirá en todas partes si no se encara por fin una acción del buen sentido contra su advenimiento.

O se hace eso o se perderá aun lo que se tiene, los países caerán en el fascismo o en el bolchevismo y seremos puestos todos en la posición creada a los que están forzados a vegetar en Rusia y en Italia. Comencemos por nosotros mismos y sepultemos el tomahawk, sacrifiquemos el sencillismo personal al gran fin de una anarquía de buen acuerdo que asociara a todas las buenas voluntades vecinas y que acupará una posición distinta entonces tanto en el mundo presente como en los días de las grandes crisis y en el gran mañana. Desgarrada como está, ese encuentra próxima a convertirse en una cantidad descuidable, a perder aun lo poco que le queda. No síntesis, sino buen acuerdo mutuo y un buen sentimiento de las proporciones que no se detiene en las pequeñas cuestiones mezquinas de detalle y de personalidades, sino que marcha recta hacia el gran objetivo, cada cual por el camino y con el ritmo que mejor a un lado todas las excrecencias y de ponernos seriamente en marcha, cada cual como mejor pueda, sin rivalidades ni criticas incesantes.

28 de marzo de 1928.


[Suplemento Quincenal de La Protesta (Buenos Aires) 7 no. 284 (May 14, 1828): 278-282.]

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Max Nettlau, “Alrededor de la ‘Síntesis anarquista'” (1929)

Alrededor de la “Síntesis anarquista”

Apreciados camaradas :

Me habéis remitido la «Síntesis anarquista» de Sebastián Faure, fechada en 20 de febrero de 1928, y tengo la seguridad de que reeditaréis este documento notable, o que, por lo menos, lo daréis a conocer a vuestros lectores. Bajo esta condición me permito emitir algunas notas a este asunto que es, no cabe duda, de un interés capital para el movimiento anarquista de todos los países.

Hace cuestión de unos treinta años que yo también llegué a conclusiones semejantes, a saber que no podemos prever la situación económica, u otra, desde el principio, y aun menos en las etapas ulteriores de una sociedad libre ; no podemos predecir las disposiciones nuevas del hombre de estos tiempos futuros; tampoco podemos adquirir hoy, por la experimentación, suficientes y claros conocimientos sobre el funcionamiento práctico de los métodos de producción y distribución.

Todo esto exige que nos ocupemos tanto del lado económico como de los demás aspectos prácticos del anarquismo, como de alguna cosa sobre la cual podamos fundar hipótesis, pero referente a las cuales no somos capaces de emitir afirmaciones positivos. No podemos ser más que agnósticos frente a todas estas consideraciones prácticas. Podemos tener una preferencia sentimental para una u otra de las distintas posibilidades, y tenemos, también, el derecho de decir que si se presentara la ocasión de practicar nuestras ideas, tendríamos la libertad de obrar como mejor hubiésemos escogido por nuestra propia voluntad y no de la manera que nos quisiera imponer una mayoría cualquiera (todo esto naturalmente dentro de; los limites razonables, es decir, si nos vemos metidos en ello por motivos serios y no por simple capricho, que entonces sería perjudicial para los demás). En consecuencia, lo que habían dicho los primeros anarquistas comunistas y lo que dejaron expuesto Proudhon, Tucker y los anarquistas individualistas, en favor de sus respectivas soluciones económicas, forma una documentación de gran valor, pero no pueden marcar una salida. La situación se parece al origen de una raza cuando la inteligencia y la presciencia humanas—por esfuerzos que hagan—no pueden producir más que conyunturas con respecto al ganante, puesto que el resultado permanece siempre desconocido, al poder ser siempre derrotados los favoritos por cualquier simple outsider.

La lectura de los periódicos antiguos me ha demostrado que este asunto fué también discutido en España hacia fines del año 80, cuando los anarquistas colectivistas más inteligentes, apurados por los anarquistas comunistas que representaban, a su parecer, una doctrina más joven y más perfecta, propusieron adoptar el nombre de anarquista simplemente, de anarquista sin otro epíteto, dejando a cada uno la libertad de escoger entre los arreglos económicos colectivistas y comunistas. Tarrida del Mármol y Ricardo Mella eran los que más amplio criterio tenían en aquel tiempo, y Mella propuso esta idea internacionalmente en una relación que escribió para el Congreso Internacional Anarquista de París, de septiembre de 1900 que, dicho sea de paso, no pudo celebrarse abiertamente ; pero la relación fué publicada completamente en 1901, con motivo de haber profesado los mismos principios la propagandista Voltairine de Cleyre, en una conferencia sobre el anarquismo dada en Filadelfia y publicada por la Free Society : sostenía ella que cada tendencia del anarquismo tenia su base histórica y local y sus adherentes fervientes, pero que ninguna tenía derecho de superioridad hacia las otras puesto que las cuatro tienen aún que demostrar lo que pueden hacer cuando sea posible la experiencia. Puede también afirmar que Bakunín se había limitado siempre a esbozar solamente el primer paso, la piedra fundamental inicial de la sociedad libre, declarando que era cuestión del pueblo del periodo correspondiente el continuar la construcción sobre esta nueva base segura y sanamente libertaria. James Guillaume, en su esbozo de una sociedad libre (1874-76) había previsto un desarrollo gradual de las bases colectivistas hacia las comunistas que dependían del acrecentamiento de la abundancia (base indispensable del comunismo), y hasta Kropotkín, en su prefacio del 5 de diciembre de 1919 a la edición rusa de «Palabras de un Rebelde», se da cuenta de que la situación inicial después de una revolución podría ser tal, que se hiciera imposible la realización del comunismo integral.

Pero en los años 1898-1902, a los que me remontan mis recuerdos, los Tarrida, Mella, Voltairine de Cleyre y yo éramos solos o casi solos, contra todos los que estaban profundamente convencidos de que su propia variedad de anarquismo era absolutamente justa y que las variedades disidentes eran absolutamente falsas. Conozco este exclusivismo fanático, porque fui víctima de él durante muchos años ; casi todos los camaradas lo fueron y lo son aún. Traté de discutir la cuestión con Kropotkín en una conversación y por carta que dio el lamentable resultado que puede verse por su misiva fechada en 5 de marzo de 1902 y mis explicaciones al margen de dicha carta («Plus loin» »927). El Freedom, de Londres, me habla proporcionado varias veces la ocasión de exponer en él mis opiniones sobre este asunto. La última vez fué en febrero de 1914—y especialmente en un artículo que fué impreso una docena de años más tarde en el «Road to Freedom» de New York, sin que yo lo hubiese sabido de antemano (en este caso habría podido modernizarlo), y de donde pasó a los periódicos anarquistas italianos, que lo discutieron. Si comparo la actitud negativa de todos, en 1914, a las opiniones expresadas en 1926, noto un marcado progreso de la amplitud de criterio y un retroceso del exclusivismo; pero ambos creo que son aún insuficientes para que pueda instaurarse la verdadera camaradería amistosa allí donde reinan desde ha mucho tiempo el orgullo, el fanatismo y la fe ciega.

* * *

¡ Ojalá la actual iniciativa de los camaradas franceses tenga mejor suerte ! Dado el espectáculo de la absoluta intolerancia bolchevista que siembra la ruina y la destrucción física de los socialistas de todas las tendencias, y el espectáculo de la invasión de un fanatismo despiadado en el seno de los movimientos ruso y francés por la plataforma y por cierto reciente congreso, la rebelión se hacia inevitable, la copa estaba ya llena ; el esfuerzo hacia una esfera de amistosa camaradería debe ser sostenido hoy con una gran fuerza de propulsión inicial. Dejemos que esta impulsión se desarrolle y que el trabajo se haga en gran escala ; dejemos que los fanáticos se unan entre si ; pero hagamos que los camaradas de sentimientos sociales se den las manos. Los frutos del fanatismo están ante nosotros, desde 1917, en el bolchevismo y el fascismo, y de la misma manera que con el tiempo, todos los fanáticos del mundo se arrimarán a estos dos polos magnéticos de la autoridad y de la antihumanidad, debemos esperar que nuestro polo de libre camaradería, de tolerancia mutua y de benevolencia atraerá a todos los elementos libertarios y sociales de la humanidad, sean actualmente conscientes anarquistas o no. Por demasiado tiempo, la humanidad había visto dos fases en el anarquismo—la profesión del mayor amor y respeto hacia la libertad, y la preconización de un remedio único de solución económica, arreglado ya de antemano…—contradicción manifiesta que, tengo la completa convicción de ello, ha debilitado considerablemente el poder de atracción del anarquismo para los que razonan, y ha hecho de él, ante todo, una cuestión de fe o de creencia, de preferencia personal y de sentimiento.

Me permitiré manifestar que la «Síntesis Anarquista» no expresa, a mi parecer, lo que habría podido ser, o lo que se le debería de haber hecho.

Nosotros rechazamos este anarquismo destilado, aislado, artificialmente construido y que se niega a combinarse con un anarquismo de otra tendencia—trato de situarme en el terreno de la comparación química de S. Faure—rechazamos el producto aislado, el producto único. Muy bien. Mas, ¿por qué saltar de allí a la síntesis, por qué reunir las diversas partes constituyentes? Una evolución así, puede ser, d algunos experimentos, una variedad; algo que podemos ver y preparar por anticipado, como el funcionamiento de una de las hipótesis económicas aisladas. Además, si por ejemplo, diez grupos estuviesen compuestos de uno a diez de cada una de las tres variedades del anarquismo, se obtendrían diez síntesis diferentes y estas cambiarían si la proporción de los miembros fuese diferente ; ninguna de estas síntesis estaría necesariamente segura de poder responder a las necesidades prácticas reales de las situaciones locales o de! momento. Y los que desean permanecer libres, rehusando toda ingerencia, no querrán ser «mezclados» o combinados sintéticamente, o hasta arrojados en el mismo crisol para ser allí amalgamados sintéticamente.

Me parece que la palabra síntesis habría debido ser reemplazada por simbiosis, «convivencia», cohabitación, es decir, camaradería amistosa sin ingerencia entre todas las tendencias de opiniones, su marcha y actividad, en un terreno de amistad recíproca, hacia una finalidad común, cada uno por sus propios medios. Unirían sus fuerzas para fines prácticos determinables—cosa muy deseable—, pero no sin necesidad o regularmente. Podrían estar en relación por medio de los miembros que obran en dos o varios medios, si lo desean, o en la proporción por ellos deseada. Si todo esto acabará algún día por llevarnos a nuevas combinaciones más o menos estables, a síntesis, es cosa que ya veremos, pero no debemos ni forzar ni influenciar tales desarrollos.

Queremos simplemente reemplazar el exclusivismo por la camaradería, la fe ciega y la afirmación orgullosa por una actitud critica y no queremos, para los anarquistas, fronteras con vigilantes aduaneros—guardianes de la pureza de las doctrinas—exactamente como los que son verdaderamente internacionalistas no quieren fronteras entre territorios y Estados que, inevitablemente, son hostiles entre sí igual como lo son las doctrinas. Las doctrinas son tan poco sociales como los Estados, y muchas de nuestras acciones cotidianas, incluso entre los anarquistas, las hacemos inconscientemente bajo pautas autoritarias y estadistas. Exclusivismo nacional, de Estado, de guardianes de doctrinas, sindicalistas, anarquistas (por la palabra, por escrito o por medio <ie fusiles y prisiones, como en la Rusia actual), organización en gobiernos, organizaciones obreras, por federaciones anarquistas o grupos, y muchos otros fenómenos del mismo orden. Todo esto, aunque manipulado por manos anarquistas, pertenece al tipo autoritario y no puede simplemente ser asimilado por el espíritu libertario y debe, temprano o tarde, cansar a los más abnegados camaradas.

Existen, no obstante, muchos medios en los que el espíritu libertario puede prosperar inconscientemente y sin embargo, a conciencia. Me refiero a los productos de la vida social verdadera ; los talleres en todas las esferas del trabajo útil, en los que la competencia material conduce a un trabajo eficaz y exige la estrecha cooperación de todos ; la esfera de las ciencias y de las artes donde todos trabajan con ardor para objetos que interesan a todo el mundo : la capital, la ciudad, la villa, el pueblo, donde gente de todas las profesiones y ocupaciones, de todas las opiniones y nacionalidades viven unos al lado de otros como habitantes y que, por lo menos, tienen esto de común : el deseo, generalmente, de llevar una vida tranquila sin la menor ingerencia, y que no haya guerra entre ellos. En estas comunidades, de pueblo a metrópoli, la convivencia social está realizada en un grado inexistente entre Estados y naciones y que cada vez se hace menos posible existir. Estos medios son los modelos que los anarquistas desembarazados del lastre del exclusivismo y del fanatismo, deberían imitar y encontrarán en ello un trabajo incesante: progreso, grande o pequeño; cooperación de toda especie, emulación a fin de alcanzar una eficacia más elevada y otros factores semejantes del verdadero progreso. Pero no encontrarían en ello síntesis prematuras (o sólo la encontrarían acá y allá como obstáculo al progreso), sino solamente la convivencia, la benevolencia mutua, la emulación amistosa, toda clase de esfuerzos, gracias a los cuales la colectividad puede alcanzar, de una manera independiente, grados muy elevados de eficacia y perfección.

Por estas razones, queridos camaradas, estoy contra una síntesis al principio, porque ella resultaría una hueva inmovilización ; y estoy en favor de sentimientos amistosos hacia todos los que, no siendo exclusivistas, prueban que pueden obrar como libertarios. Los exclusivistas serán, tarde o temprano, reabsorbidos por los autoritarios, a quienes pertenecen por su mentalidad. Es ya tiempo de que el anarquismo dé este paso en dirección al progreso ; es sólo apenas un paso ; de momento, nuestro ideal sólo necesita librarse del fanat,ismo exclusivista, estrechq en el cual entró desde hace tiempo, gracias a la inexperiencia, a la superafirmación y a la impulsión febril, y donde todo vegeta desde hace años en el estancamiento y el aislamiento.

MAX NETTLAU


“Alrededor de la ‘Sintesis Anarquista’” La Revista Blanca 7 no. 141 (April 1, 1929): 616-619.

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Voline, “On Synthesis” (1924) (part 2 of 2)

[Continued from Part I]

IV

If we would consider anarchism and its aspirations, we must also note, to our keen regret, that we find there, and at each step, the same errors, demanding the same work of rectification; that there as well we are still very distant from correct methods of seeking the truth and, consequently, from correct conceptions.

Here also our habitual method remains the same: after having found and established a certain bit of truth (often even long since discovered), we begin by closing our eyes to the errors and defects mixed in there, we do not seek to understand and eliminate them, then we begin to proclaim that bit as being a crown of creation, constant and unshakeable, we hasten to consider it as an immutable and complete truth, we forget the necessity of moving to a work of synthesis and end up neglecting to account for movement in its capacity as major function of vital development, especially in the domain of social creativity. This is also why we habitually entrench ourselves, with pettiness and blindness, in some very small nook of truth, defending ourselves furiously from the desire to enter into other corners, even [when] perfectly well lit,—and this instead of setting ourselves to work seeking synthesis embracing the work in its entirety.

I read, for example, the articles of comrade Maximoff (“Benchmarks”, in the Russian paper from America, Golos Truzhenika) and I see that he is concerned with establishing, in the most meticulous manner, not just the general plan, but even the most minute details to be adopted by the future social structure in the course of the social revolution. I say to myself: “All of that is very good and has already been sufficiently dwelt upon. But how does comrade Maximoff think that he can usefully stuff or pile the complicated, hectic ensemble of life, all that enormous, lively synthesis, within the cold margins of his dried-out plan made on paper?” I know that life will refuse to introduce itself into this scheme; I know that this scheme will only contain some few bits of truth, surpassed by numerous faults and gaps. And to the extent that comrade Maximoff means to make of his formula a finished thing, polished and solid, in so far as he pretend that this formula (or any other similar in its place) contains the sole and only truth, and that everything that is not that truth must be criticized and condemned,—I am, myself, of the opinion that it (or any other precise schematizing) only exaggerates the importance of the factor of organization, correct by itself and having great significance, but far from being the only factor, and imbued with certain defects for which it is indispensable to account, without which and apart from the synthesis with other factors of an equal importance it would lose all significance.

When the “anarcho-syndicalists” say that syndicalism (or anarcho-syndicalism) is the single, only way of salvation and reject with indignation everything not adapted to the standard established by them, I am of the opinion that they exaggerate the importance of the bit of truth in their possession, that they do not want to account for the defects inherent in that bit, nor for the other elements forming, in concert with it, the correct truth, nor for the necessity of synthesis, nor for the factor of vital, creative movement. I am, then, of the opinion that they distance themselves from the truth. And I greatly fear that they will find themselves in no state, when necessary, to resist the temptation to impose and inculcate by force their scholastic opinion, which the true life will refuse to accept as being opposed to its vital truth.

When the “communist-anarchists” open the question by the same process and, admitting only their own truth, immediately reject syndicalism (or anarcho-syndicalism), they deserve the same reproach.

When the “individualist anarchist,” thumbing their nose at syndicalism and communism, only admits their “self” as reality and truth, and when they mean to reduce to this little “self,” the whole of the great vital synthesis, they still commit the same error.

When I read in the article “The Unique Means” (cf. Анархический вестник / Anarkhicheskii Vestnik, no. 1, July 1923) that the internal perfection of the personality and the reasonable of conscious personalities in agricultural community forms the one and only truth and the only path to salvation, I think of the anarcho-syndicalists and of their “ unique means” too; and I realize that all these people, instead of seeking the truth in synthesis, each peck at their little grain of millet without ever being satiated.

And if it is “makhnovists” who believe that the only true form of the movement is their own and who reject everything that is not it, they are as distant from the truth as the others.

And when I hear it said that the anarchists should only do work of critique and destruction and that the study of positive problems does not fall within the domain of anarchism, I consider that assertion a grave error in relation to the synthetic character [synthèticité] indispensable to our research and ideas.

However, it is precisely the anarchists who more than anyone must constantly recall the synthesis and the dynamism of life. For it is precisely anarchism as a conception of the world and life that, by its very essence, is profoundly synthetic and deeply imbued with the living, creative and motive principle of life. It is precisely anarchism that is called to begin—and perhaps even to perfect—the social scientific synthesis that the sociologists are always in the process of seeking, without a shadow of success, the lack of which leads, on the one hand, to the pseudo-scientific conceptions of “marxism,” of an “individualism” pushed to the extreme and to various other “isms,” all more narrow, stuffier, and more distant from truth that the last, and, on the other hand, to a number of recipes for conceptions and practical attempts of the most inept and most absurd sort.

The anarchist conception must be synthetic: it must seek to become the great living synthesis of the different elements of life, established by scientific analysis and rendered fruitful by the synthesis of our ideas, our aspirations and the bits of truth that we have succeeded in discovering; it must do it if it wishes to be that precursor of truth, that true and undistorted factor, not bankrupting of human liberation and progress, which the dozens of sullen, narrow and fossilized “isms” obviously cannot become.

I am not an enemy of syndicalism: I only speak out against its megalomania; I protest against the tendency (of its non-worker personalities) to make a dogma of it, unique, infallible and ossified—something of the sort of marxism and the political parties.

I am not an enemy of communism (anarcho-communism, naturally): I only speak out against all sectarian narrowness of views and intolerance; I protest against its dogmatic perversion and against its mortification.

I am not an enemy of individualism: I only speak out against its egocentric blindness.

I am not an enemy of the moral perfection of the self: but I do not accept that it be recognized as the “unique means.”

I am not an enemy of organization: but I do not want anyone to make a cage of it.

I find that the work of the emancipation of humanity demands by equal title: the idea of free communism as the material basis of a healthy life in common; the syndicalist movement as one of the indispensable levers à the action of the organized masses; the “makhnovstchina” as an expression of the revolutionary uprising of the masses, as insurrection and élan; the wide circulation of individualist ideas that reveal to us radiant horizons, that teach us to appreciate and cultivate the human personality; and the propaganda of aversion towards violence that must put the Revolution on its guard against the possible excesses and deviations…

It seems to me that each of these ideas, that each of these phenomena contain a granule of truth that will manifest itself clearly one bright day, as well as faults, errors and perversions; and the exaggerations will be rejected.

It seems to me that all these granules—all these phenomena and these ideas—will find sufficient place under the wide wings of anarchism, without there being any need of mutually making a bitter war. It is enough to want [to] and to know [them] to unite and unify them.

In order to attain that goal, the anarchists must begin by raising themselves above the prejudices imported from outside into their milieu and absolutely foreign to the essence of the anarchist conception of the world and life, from the prejudices of human narrowness, from a petty exclusivity and from a repulsive egocentricity; it is indispensable that all put themselves to work,—each in no matter what sphere of ideas and phenomena, in conformity to their situation, their temperament, their preferences, their convictions and their faculties,—closely linked and united, and respecting the liberty and personality of the others; it is necessary to work hand in hand, seeking to mutually lend aid and assistance, demonstrating a friendly tolerance, respecting the equal rights of each of the comrades and admitting their liberty to work in the chosen direction, according to their tastes and their way of seeing—the liberty to fully develop every conviction. This posed, the task will fall to us to decide on forms that this unified collaboration should adopt.

It is only on such a basis that an attempt could be made at true union between the workers of anarchism, at the unification of the anarchist movement. For, it seems to me, it will only by on that basis that our antinomies, our exaggerations pushed to the extreme, our sharpness and our sourness could be mellowed, that our errors and deviations could be rectified, and that, tightening more and more our ever vaster ranks, crystallizing in living form, burning with an ever more ardent flame, appearing always more clearly and with ever greater grandeur—the Truth.

VOLINE.


ON SYNTHESIS

(Second Article)

In the preceding article, we stopped at the question of the method of the search for truth, the general manner of theoretically considering the problem.

We have expressed the opinion that this manner must be synthetic, that instead of persisting in a single recognized part of the complete truth, thus disfiguring it and distancing us from it, we must, on the contrary, seek to know and embrace as many parts of it as possible, bringing ourselves as a result as close to the true truth as possible. In the opposite case, instead of a coordinated and fraternal labor, expanding and productive, we will surely get bogged down in interminable and absolutely senseless disputes and disagreements. We will always fall into those coarsest errors, which inevitably accompany exclusivism, narrowness, intolerance and sterile, doctrinaire dogmatism.

Let us now address, also in broad strokes, another essential question. Who, what forces will bring about the social revolution,—especially these immense creative tasks? And how? What will be the essence, character and forms of this whole magnificent process?

First of all, it is incontestable that the social revolution will be, in the final account, an extremely vast and complicated creative phenomenon, and that only the great popular masses, working freely and independently, organized in one manner or another, could resolve the gigantic problem of social reconstruction happily and fruitfully.

Whatever we mean by the process of social revolution, however we imagine the content, the forms and the immediate results of the great future social transformation,—all of our tendencies must reach agreement on certain essential points: an anarcho-syndicalist, anarchist-communist, an individualist and the representatives of other libertarian currents will inevitably fall into agreement that the process of the social revolution will be an phenomenon [that is] infinitely extensive, many-sided and complex, that it will be a most fundamentally creative social act, and that it cannot be realized without an intense action from the vast, free, independent and organized masses, in whatever form, united in one manner or another, linked among themselves and acting as a whole .

So what will these great masses do in the social revolution? How will they create? How will they resolve the task, so vast and so complex, of the new construction?

Will they concern themselves directly, precisely and uniquely, with building anarchist communes? Certainly not. It would be absurd to suppose that the only path and the only form of social and revolutionary action will be the construction of the communes, that those communes alone will be the foundations and instruments of the new construction, the creative cells of the new society.

In their revolution, will the masses follow exactly and uniquely the “syndicalist” path? Of course not. It would be no less absurd to think that the syndicates, and the workers’ organizations in general, would alone be called to achieve the great social reconstruction, and that precisely and uniquely they will be the levers and cells of the future society.

It would be as absurd to believe that the tasks of the social revolution will be resolved solely by some individual efforts by some isolated, conscious personalities and [by] their associations of ideas, which alone out of such unions, associations or grouping by ideological community will serve as the bases for the coming world.

It would be generally absurd to imagine that this enormous, formidable work of the social revolution—this creative and living act—could be channeled into one uniform path, that this form, that method, or some particular aspect of struggle, organization, movement, or activity would be the only “true” form, the sole method, the unique face of the social revolutionary process.

The fecund social revolution, advancing with a firm step, truly triumphant, will be executed by the oceanic masses driven to its necessity by the force of things, launched in this powerful movement, seeking widely and freely the new forms of social life, devising and creating them fully and independently. Either this will occur, or the creative tasks of the revolution will remain unresolved, and it will be sterile, as were all the previous revolutions. And if this is the case, and we imagine for a moment this whole gigantic process, this enormous creative movement of the vastest masses and its innumerable points of application, it will then appear absolutely clear that that they will move along a broad front, that they will create, that they will act, that they will advance in multiple ways at once—ways that are diverse, bustling, and often unexpected by us. The reconstruction by the great masses of all the social relations—economic, social, cultural, etc., given also the variety of localities, that of the composition of the populations, of the immediate requirements of the character and aims of the economic, industrial and cultural life of the various regions (and perhaps countries),—such a task will certainly demand the creation, application and creative coordination of the most varied forms and methods.

The great revolution will advance by a thousand routes. Its constructive tasks will be accomplished through a thousand forms, methods and means, intertwining and combining. The syndicates, the professional unions, the factory committees, the organizations of productive workers, etc., with their branches and federations in the cities and industrial regions, the cooperatives and all sorts of connecting associations [organes de liaison], perhaps also the soviets and every other potential organization that is living and mobile, the peasant unions in the countryside, their federations with the workers’ organizations, the armed forces for defense, the truly libertarian communes, the individual forces and their ideological unions,—all these forms and methods will be at work; the revolution will act through all these levers; all these streams and torrents will spring up and flow in a natural fashion, forming the vast general movement of the great creative process. It is through all their measures, through all their forces and instruments that the vast working masses engaged in the true revolutionary process will act. We are convinced that even the present reformist and conservative workers’ organizations will inevitably and rapidly “revolutionize” in the course of this process, and, having abandoned their recalcitrant leaders and the political parties acting behind the scenes, will take their place there, will reunite with the other currents of the impetuous, creative revolutionary torrent.

This movement will not be, naturally, a simple pulverization of society; it will not have the character of a rout and a general disorganization. It will aspire, on the contrary, naturally and inevitably, to a harmony, a reciprocal liaison of the parties, to a certain unity of organization to which, as well as to the creation of the forms in themselves, it will be driven urgently by the vital, immediate tasks and needs. This unity will be a living and mobile combination of the varied forms of creation and action. Certain of these forms will be rejected, others will be reborn, but all will find their place, their role, their necessity, their destination, amalgamating gradually and naturally into a harmonious whole. Provided that the masses remain free in their action; provided that a “form” destroying all creation is not restored: power. On the thousand local (and other) conditions will depend the circumstances and the creative forms that will emerge will be rejected or gain a foothold. In any case, there will not be place for only one single form, much less for an immutable and rigid form, or even for a single process. From different localities, diverse conditions and varied necessities will arise as many varied forms and methods. And as for the general creative torrent of life, de the construction and the new unity of society, it will be a living synthesis of these forms and methods. (It is in this way that we understand, among others, a true federation, living and not formal. We believe that the icons that we quite often make in our federalist milieus, especially among the “anarcho-syndicalists,” of a uniform means, method or economic and social form of organization, absolutely contradict the true notion of a federation as a free union, exuding all the fullness and multiplicity of life, not molded, and, consequently, creative and progressive, natural and mobile, of social cells [that are] naturally varied and mobile.)

The economic essence of this synthesis will certainly be the successive realization, evolution and strengthening of the communist principle. But its constituent elements, its means of construction and its vital functions will be multiples, just as multiple as the cells, organs and functions of the body, that other living synthesis. Just as it would be absurd to affirm that it is precisely the nervous or muscular cells, the digestive or respiratory organs that alone are the creative, active and “true” cells and organs of a living organism, without accounting for the fact that the organism is a living synthesis of cells and organisms of various types and purposes, just so it would be absurd to believe that precisely one or another method and form would be the only “true” method and form of the future social construction, of the new, emerging social ensemble.

The true social life, the social creation and the social revolution are phenomena of plurality in synthesis, that plurality and that synthesis being made up of living, mobile, variable elements. (It is, particularly, the social life [that is] currently musty, stationary and fashioned by force, that inspires in so many among us, thoughtlessly, this erroneous point of view that the revolution must advance along some specific, unique and determined path. It is as if we do not know how to free ourselves from this anemic, miserable and colorless existence. It holds our thoughts, our ideas in a vise that involuntarily mold the future. But once that modeled existence is rejected, and the sources of a vast creative movement open, the true revolution will transform social life precisely in the direction of a spectacular general movement, of the greatest variety and its living synthesis.) We must resolutely account for this circumstance, that is to say, we must no longer trip ourselves up with a single model, but to seek to count on that plurality and begin as much as possible that synthesis (without forgetting the mobility of the elements), if we want our aspirations and our social constructions to match the veritable ways of true emancipation and become a real force, called to aid these means and aspirations to be clarified and realized.


Thus, also, from the purely practical point of view, we come to note that the plurality and its living synthesis are the true essence of things and the fundamental foundation stone necessary for our reasoning and our constructions.

The answer to the questions posed at the beginning is:

The social revolution will be accomplished by the great masses with the aid of a connection and of a combined action of different forces, levers, methods, means and forms of organization born from diverse conditions and necessities. In its essence, in its character and its forms, this whole magnificent process will consequently be “plural-synthetic.”

What good then to squabble endlessly and break lances over the question, if it is the workers’ syndicates, the communes or the individual associations, if it is the “class-based organizations” or the “groups of sympathy” and the “revolutionary organizations” that will bring about the social revolution, which will be the “true” forms and instruments of the revolutionary action and creation, the cells of the future society? We see in these disputes absolutely no reason to exist. In the light of what has come before, the object of these quibbles seems completely void of sense. For we are convinced that the syndicates, the workers’ unions, the communes, the individual associations, the class-based organizations, the sympathetic groups, the revolutionary organizations, etc.,—will all take part, each in its own sphere, in proportion to their strength and impact, in the construction of the new society and the new life.

Now, it is enough to note attentively our press, our organizations, to lend an ear to our discussions in order to see that it is for this empty question, rather than for some purely philosophical differences, that a bitter struggle takes place in our ranks, that we deck ourselves out, and that we highlight by dividing in this way our forces still more, with all sorts of labels: “anarcho-syndicalists,” “anarchist-communists,” “anarchist-individualists,” etc., and that our movement is thus crushed and broken in a senseless manner.

We believe that it is high time that the anarchists of different tendencies recognize, in this regard, the absence of any serious foundation for these scissions and divisions. A great step forward toward our rapprochement will have been made when we recognize this fact. There will be one less pretext for dissensions. Each can give preponderance to some particular factor, but admit at the same time the presence and significance of other factors, recognizing, as a consequence, the same right for other anarchists to give the preponderance to other factors. It is in this way that the comrades will take a step towards knowing how to work hand-in-hand in the same organization, in the same organ, in a common movement, by each developing their ideas and activity in the direction that interests them, by struggling ideologically, by confronting their convictions in a common camaraderie and not between hostile camps excommunicating one another. To establish such relations would provide a solid cornerstone to the edifice of the unified anarchist movement.

VOLINE.


[Working translation by Shawn P. Wilbur]

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Voline, “On Synthesis” (1924) (part 1 of 2)

On Synthesis

I.

Legend maintains that Jesus Christ gave no response to the question of Pontius Pilate: “What is truth?” And it is very likely that in these tragic moments he hardly had the heart to concern himself with philosophical arguments. But even if he had had the time and the desire to engage in a controversy concerning the essence of truth, it would not have been easy for him to respond in a definitive manner.

Many centuries have passed since then. Humanity has made more than one step toward knowledge of the world. The question of Pontius Pilate has troubled humanity, it has made people think, work and seek in all directions, and it has brought suffering to a great number of minds. The ways and methods of the search for truth have varied many times… Yet the question always remains without an answer.


Three principal obstacles arise along the path we follow to seek and establish objective truth, no matter in what direction or in what region we hope to find it.

The first of these obstacles is impressed with a purely theoretical and philosophical character. In fact, the truth is the great existing All: everything that exists in reality. To know the truth means to know what is. But to know what is, to know the veritable truth, the essence of things (“things in themselves”) would appear to be, for several reasons, impossible at this time, and perhaps it will always be so. The essential reason for that impossibility is the following: The world would never be for us anything but the idea that we fashion of it. it presents itself to us, not as it is in reality, but as it is depicted to us by our (or more) poor, false senses, and by our incomplete and crude methods of knowing things. Both are very limited, subjective and fickle. Here is an example drawn from the domain of the senses: as we know, there exists in nature, in reality, neither light, nor colors, nor sounds (there exists only what we believe to be movements, oscillations); however, we have above all an impression of the monde consisting of light and colors (oscillations collected and transformed with the aid of our visual organs) and sounds (movements collected and transformed by our auditory apparatus.) Let us also not that a whole series of phenomena unquestionably taking place in nature elude the organs of our senses. To serve as an example in the domain of knowledge, it is enough to indicate the fact that, constantly, certain theories are rejected to be replaced by others. (A very recent example is that of the famous theory of Einstein on relativity tending to “devastate” all our systems of knowledge.) The only thing that I know immediately is that I exist (cogito, ergo sum, I think, therefore I am) and that there exists some reality outside of me. Without knowing it exactly, I know nonetheless that it exists: first, because it I exist, there must exist some reality that has created me; second, because some entity that is found outside of me communicates to me certain impressions. It is that reality, the essence of which I do not know, that I call world and life; and it is that reality that I seek to know as much as it will lend itself to the knowing.

Obviously, if we wanted to always consider that obstacle, it would only remain for us to say once and for all: everything that we think we know is only lies, deception, illusion; we cannot know the essence of things, for our means of knowing are far too imperfect… And on that basis, we would have to renounce every sort of scientific labor, every work in search of the truth and of knowledge of the world, considering every attempt of that sort perfectly useless and destined to never succeed.

However, in the overwhelming majority of our scientific acts, acts of thought as well as practice—if we set aside the domain of purely philosophical speculation—we hardly consider that obstacle: first, because if we did, we would truly have to renounce all scientific activity, every search for the truth (something which, for many reasons, is entirely unacceptable to us); and then, for we have certain reasons to believe that our impressions reflect all the same, up to a certain point, reality such as it is, and that our understanding comes closer and closer to knowledge of that reality, to knowledge of the truth. It is this last argument in particular, together with other impetuses, that leads us to widen and deepen without ceasing our work of research.

Taking as data, — that is as having for us a real, concrete meaning, common to us all, — our impressions and especially our knowledge of the world and of life; taking as given the milieu, concrete for us, in which we live, work and act, — we think and we seek on the bases and within the limits of that reality as it presents itself: a subjective and conventional reality.

The question of truth is equally posed within the limits of that reality. And, above all, to decipher that reality, accessible to our understanding and our impressions, as well as to pursue the continual widening of its knowable limits — this already appears to us as a problem of the highest importance.

But, in this case as well, we see loom up before us, and the path of research and of the establishment of truth, two other obstacles, of a concrete character as well.

Second obstacle. — Like life, truth is undivided. Truth (like life) is the great All. To know this or that part of the truth still cannot mean that we know the Truth (although it is sometimes necessary to go from knowledge of the parts to the knowledge of the whole). To know the truth — this means, to be precise, to know all the universe in its entirety: all of existence, all of life, all the paths of life, as well as all its forces, all its laws and tendencies, for all times and all terms, in all its different secrets, in all its phenomena and separate details, as well as in its entirety. Now, even if it was only within the limits of the world intelligible to our faculties of impression and understanding, — to embrace the universe, to know life and penetrate its inner meaning appears to us impossible at present, and perhaps it will never be possible.

Third obstacle. – The most characteristic trait of life is its eternal and uninterrupted movement, its changes, its continual transformations. Thus, there exists no firm, constant and determined truth. Or rather, if there exists a general, complete truth, its defining quality would be an incessant movement of transformation, a continual displacement of all the elements of which it is composed. Consequently, the knowledge of that truth supposes a complete knowing, a clear definition, an exact reduction of all the laws, all the forms, all the combinations, possibilities and consequences of all these movements, of all these changes and permutations. Now, such a knowledge, so exact an account of the forces in infinite movement and oscillation, of the continually changing combinations,—even if there exists a certain regularity and an iterative law in these oscillations and changes,—would be something nearly impossible.

II

To know the Truth—that means to know life as it is, to know the true essence of things.

We do not know that true life, [so] we do not know the Truth.

However, we possess some knowledge of it.

As we receive impressions of life and we learn to know it through the testimony of our senses and through the means of knowing that we find at our disposal, precisely as we run up against the obstacles indicated,—we learn, first, that life is some great synthesis, as reality as well as personal feeling: some resultant of a quantity of diverse forces and energies, of factors of all sort.

We also learn that this synthesis is subject to a continuous movement, to incessant variations; we know that that resultant is never found at rest, but that, on the contrary, it oscillates and varies without ceasing.

To know the Truth—that would mean to embrace, know and understand the whole of this global synthesis in all of its details, in all its entirety and in all its eternal movement, in all its combinations and its uninterrupted variations.

If we know life in its details, in its entirety and in its movements, we will know the Truth. And that truth will be the resultant, constantly in movement, of a quantity of forces: a resultant of which we should also know all the movements.


We know neither the true life, nor its synthesis; we know neither its reality, nor its meaning, nor its movements. For us, life in its entirety is the great enigma, the great mystery. We only manage, from time to time, to pluck some fragments of its synthesis from the air…

We do not know the authentic truth, the objective truth of things. Not only have we still not managed to discover the truth, but we do not know if we will ever discover it. We only succeed, from time to time, in finding some isolated grains of the truth—dispersed and brilliant sparkles of precious gold, from which it is still impossible for us to form anything whole…

But—we seek the truth (or to put it better, some of us do.) We have sought it for centuries and thousands of years. We scan on all sides, in all directions—obstinately, offering all our forces to the search, painfully, sorrowfully.

And if we know that life is a great synthesis, we know, consequently, that the search for truth is the search for synthesis; that the path of truth is that of synthesis; that in seeking the truth, it is important to always remember the synthesis, to always aspire to it.

And since we know that life is a continuous movement, we should, in seeking the truth, constantly consider that fact.

III

The field of interest that particularly interests us is not that of pure philosophy and speculation. The circle within which our interests, our aspirations and our attempts principally move is the much more concrete and accessible one of the problems of biology and above all of sociology.

Seeking to establish some social conception, to intervene actively in social life and to influence it in a certain direction, we wish to discover in that concrete domain the guiding truth.

What do we do to find it?

Generally we take up certain phenomena in the given domain of life, we analyze them, we seek to know them and penetrate their meaning.

It often happens that we succeed in drawing the exact assessment from some phenomenon and that, consequently, we manage to put our finger on a coin, on a part, on a fragment of the truth.

Four fundamental errors are very frequent—and very characteristic—in these cases.

1. Human analysis is not infallible. It does not lead directly to the exact and indubitable, absolute truth. In every analysis, in every human research, we inevitably encounter, along with some scraps of truth grasped on the spot, more or less great errors, lapses, sometimes oversights and clumsy false judgments—thus, [we make] assertions not in conformity with the truth. We generally forget that this is the case, and instead of seeking to establish and to eliminate these errors, to find and apply the necessary corrections, we disregard them or else we do still worse—we consider our errors as an expression of the truth, so that we disfigure it and distort its value.

2. Save for very rare exceptions, we are generally inclined to exaggerate the significance, sometimes very minuscule, of the bit of truth found by us, to generalize it, to make of it the whole truth, to extend it, if not to life in its entirety, at least to phenomena of much larger and more complicated order, and at the same time to reject other elements of the truth we seek.

3. We let ourselves be carried away by the analysis and a generalization, erroneous from its immediate results, we constantly forget to consider the second moment—and that is the most essential one—necessary to the search for the truth: of the true and accurate way of generalization; of the necessity,—the analysis once made and a phenomenon, a fragment of truth grasped and understood,—not to take hold of that bit and raise it to the rank of keystone, by making it the entire truth, but, on the contrary, to remember other phenomena relating to the same order of ideas, to seek to fathom their meaning as well, to compare them with the bit of truth discovered and to do everything in order to establish a correct synthesis. This problem of the second degree generally escapes us. We forget that life is a synthesis of a great number of factors.

4. We forget at each step that movement and variability never cease; we forget that there exists no apathetic truth, that in life “everything flows,” that life and truth are the dynamics par excellence. Habitually, we do not account for this factor of an extreme importance and value: the uninterrupted dynamism of life and truth. However, just as it would be erroneous to take the form adopted at a certain moment by an amoeba in motion for its constant form, it would be a mistake to suppose a similar rigidity in the essence of truth: what has just been (or what could have been) truth moment a moment ago—is not longer truth in the following moment. The synthesis itself is not immutable. It is only a resultant constantly in motion, which sometimes comes closer to one of the factors and sometimes to another, and never remains close to one or the other for long. We do not take sufficient account of this singularly important fact. [1]

The errors indicated have a particularly harmful importance pour for the domain of the human sciences, for the comprehension and study of our social life, which represents an exceptionally complicated synthesis of particularly numerous factors, the majority of which are of a special order, a movement and a series of combinations—both exceptionally complicated—of the most diverse elements (which, moreover, are far from being solely mechanical.)

It is precisely in this domain that the most serious errors most often take place. It is especially the numerous followers of the seekers of truth who are guilty of this. The mission to reexamine their “truths,” to redress their errors and make the necessary corrections later falls to others.

Here are some examples that could serve as an illustration: the definition made by Marx-Engels, and especially by their followers, of the role of the economic factor in history (the so-called “historical materialism”)—that excellent but unilateral (and consequently not precisely correct) analysis, and—the exaggerated and “firm” (consequently quite inexact) deductions that have been drawn from it; the theory of classes of Karl Marx and his followers—that analysis, just as brilliant, but narrow and insufficient (and thus erroneous on many points), and the perverse deductions that have been made from it; the “law” of the struggle for existence (Ch. Darwin and also, and especially, his supporters in the various branches of science) with all its errors and exaggerations; the unilateral individualist theory of Max Stirner (and especially of his followers) and so many others.

The economic doctrine of Marx and his theory classes, the individualist conception of Stirner, as well as the law of the struggle for existence de Darwin, etc., etc., are always admirable analyses—well directed and called to give some important results—of one of the factors, of one of the elements of the complicated and vital synthesis, but in order to approach the truth of the synthesis, all these theories are lacking one essential thing: the understanding of the necessity of juxtaposing them with the analysis of other elements and other factors, with the deductions that can be made from the results of these other analyses. They lack the desire to account for phenomena of a different order, the aspiration to seek the synthesis. We forget that real life is a synthesis of different series of phenomena; that that synthesis is moreover the moving and variable outcome of these series, series that are also constantly in movement. We lose sight of the real and moving synthetic nature of life and the necessity of a corresponding synthetic character in scientific knowledge. This is the source of the errors of generalization and deduction. Instead of approaching the truth, we distance ourselves from it.


This erroneous attitude with regard to the phenomena examined, to the bits of truth discovered, causes considerable damage to all our attempts at social construction, for they cause us to wander very far from the road leading to a precise solution of the problems that loom up before us.

Indeed, if in each truth found by us we inevitably find mixed an alloy of non-truth; if every partial truth established by us is never the entire truth; if truth, like life itself, is always synthetic and moving,—then in our constructions we approach the truth, we reckon and understand vital phenomena and processes that much more correctly and exactly to the extent that we verify more meticulously the bit of truth found, to the extent that we compare it with other phenomena and bits of truth discovered in the same domain, to the extent that we approach synthesis and that we constantly recall the essential fact of the uninterrupted movement of all things. And we distance ourselves from the truth, from a proper understanding of life, from a correct conception—that much more as we concern ourselves less with verifying, comparing and contrasting, to the extent, finally, that we distance ourselves from synthesis and the idea of movement.

It is very probable that we will never attain the knowledge of a correct and complete synthesis. But the principle that must guide us is a constant effort to approach it to the greatest extent possible.

Each time that we close our eyes to the defects and the vices of the bits of truth found by us, we distance ourselves from the result sought. The proper method consists, on the contrary, to carefully account for these errors and of seeking their correction.

Each time that we take a fragment of truth found by us for the whole and only truth, and we reject the other fragments, sometimes without even taking the trouble of examining them closely—we distance ourselves from the correct solution. The correct method consists of juxtaposing each fragment found with others, to strive to discover some always new parts of the truth and to seek to make them agree, so that they form one single whole. That is the only way that we can reach our goal.

Each time that we limit ourselves to drawing the appraisal of our analysis made from a single aspect of the question, and we forget the necessity of continuing our work of research by aspiring to accomplish its synthesis with the other aspects—we distance ourselves more from the goal, however brilliant and exact our work of analysis has been. Each time that we forget to take into account the constant factors of movement and variability, and we take the bit of truth found by us for something stable, firm, “petrified,”—we distance ourselves from the truth. The true path is to always account for the multiplicity of factors that all find themselves engaged in a continuous movement and to seek the resultant (also moving itself) of these factors.


[1] This phenomenon of the “constant variability of the resultant,” as well as the importance of its application to the study of the facts of human history, will be examined in detail in another work.


[to be concluded in part 2]

[Articles appearing in numbers 25 and 27, March and April 1924, of the Revue anarchiste]

Working translation by Shawn P. Wilbur

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